Chapitre 4 : Le Guerrier Noir
Murtagh regardait Mancinia revenir vers lui d'un pas étrangement assuré. Le vent faisait danser les mèches de son chignon, vu sous cet angle, la jeune femme semblait bien mystérieuse et hors d'atteinte pour le commun des mortels. Des rumeurs disaient qu'elle était âgé de seize ans mais elle - même s'était contre dite en disant qu'elle dépassait la vingtaine. Murtagh croyait ses paroles plus que ses racontars. Mancinia était à présent à sa hauteur et le fixait d'un regard mielleux, le jeune homme déglutit :
- Dis, commença - t - il. Tantôt...Tu as parlé d'Apôtres, c'est quoi ?
Mancinia fronça les sourcils, Murtagh secoua la tête :
- Si tu ne veux pas en parler, fait comme tu le sens.
Mancinia prit sa manche et posa sa tête contre son torse, Murtagh leva sa tête vers le lustre de cristal attaché au plafond comme si il rêvait :
- Merci, souffla Mancinia. Je te promets de t'expliquer.
- Mais non, ne te force pas si tu ne veux pas en discuter.
Murtagh baissa son regard attendri vers elle et passa une main dans ses cheveux pour la serrer contre lui. Mancinia eut le coeur qui se compressa. Qu'est - ce qui lui arrivait ? Cette sensation dans le dos, cette douleur plus précisément. Mancinia jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule de Murtagh et vit le Roi hocher doucement la tête en sa direction. Mancinia ferma les yeux : L'heure était venue. Le Dragonnier sentit la jeune femme déglutir et flancher dans ses bras. Mais personne hormis le Roi le remarquèrent puisqu'ils étaient plus scandalisés qu'autre chose par l'attitude de la Princesse qui faisait partit dorénavant de leur sujet de discutions favori. Murtagh regarda Mancinia dont le visage semblait en proie à une douleur terrible.
- Ca ne vas pas ? demanda le jeune homme précipitamment.
- Je...
Mancinia se pencha un peu plus, deux douleurs diamétralement opposées de leur contenu, de leurs significations et de leur origine traversaient la jeune femme comme des poignards. Son alliance, elle l'avait laissé à Fye le jour de son départ parce que les chances qu'elle parte de cette capitale sont très maigres. En faite, Mancinia comprenait que Galbatorix n'est pas assez de puissance pour les repousser, ça faisait cent ans qu'ils le faisaient avec ses barrières, mais aujourd'hui, il avait dépassé ses limites et Mancinia n'avait de véritables raisons de rester dans ce bas monde. Le Roi s'approcha d'elle :
- Vous n'avez pas l'air en grande forme, remarqua - t - il avec sarcasme. Murtagh, raccompagne là dans sa chambre et veille à ce qu'elle y reste.
- Très bien, Majesté, s'exécuta Murtagh.
Il soutenu Mancinia et l'aida à ce remettre convenablement droite. Galbatorix la fixait d'un oeil critique, que cela pouvait l'agaçer ! Puis, il approcha sa bouche de son oreille :
- Allons, Dame Mancinia. Je sais bien que vous possédez un dragon.
"Enfoiré...", pensa la jeune femme.
Galbatorix lui posa la main sur l'épaule. Un flot glacé parcourut le dos de Mancinia, scellant sa douleur dans le dos mais pas celle qui lui déchirait le ventre.
______________________
En Alagaësia, il y a l'eau courante dans les grandes villes seulement. Des tuyaux de terre cuite ont étés disposés dans le sol. Il y a également des espèces de robinets servant à arrêter ou à faire couler l'eau. Malheureusement, seule l'eau froide est disponible. Si ont désire de l'eau chaude, il faut se débrouiller soit même. Mais Mancinia était dans le palais, le sol était capable de réchauffer l'eau la plus froide, Murtagh venait de la quitter mais elle n'osait pas se déshabiller dans la salle de bain de son ami. Mais elle ravala sa fierté, elle ne devait pas avoir honte, elle ne trahirait rien ni personne. Mancinia défit les lacets de son corset et enleva sa jupe. Dormir habiller lui arrivait de temps en temps mais c'était quand même une bonne nuit pour avoir mal dormi dans un lit...Le seul hic, c'est que ce n'était pas le sien, mais bon. Mancinia était toute nue mais hésita néanmoins à entrer dans le bain tiède, néanmoins elle se força un peu. Dans l'eau, la jeune femme se sentit apaisée puis un peu comme par gêne, elle posa une main sur son ventre et commença à le caresser avec son pousse, dans ce moment unique Mancinia entonna une chanson dans une langue qu'elle seule connaissait :
Ardneiv el spmet,
Uo el uaetab arelovne's.
Ruop revuorter sel serret seudrep,
Seehcac ua niatniol.
Saim erglam am,
ennob eetnolov.
Setaitraps, srueluoc son snossih.
Murtagh sourit en entendant la douce mélodie s'élever dans la pièce, mais aussi très étonner. Mancinia parlait encore une autre langue, combien en connaissait - elle ? Son sourire s'effaça pour laisser place à un air triste et accablé. Les minutes s'écoulèrent tandis que lui restait à la fenêtre, contemplant l'extérieur. Puis, le jeune homme entendit des pas précipités à l'extérieur de la pièce. Ensuite il sursauta quand ont frappa violement à la porte. Les coups étaient forts et irréguliers comme si c'était une question de vie ou de mort, la porte tremblait sous les chocs portés sans doute par une armure assez massive. Murtagh redescendit sur terre pour aller ouvrir d'un pas chancelant, Mancinia ne semblait pas entendre à en juger par la poursuite de son chant. Murtagh hésita à ouvrir mais que pourrait - il lui arriver de pire ? Il s'entreprit de tourner le verrou et la porte s'ouvrit dans un grincement sinistre. Murtagh eut un air débile en voyant l'homme qui se dessinait devant lui, dès que ce dernier fit un pas, Le jeune Dragonnier recula précipitamment pour le laisser entrer dans ses appartements. L'homme était assez grand, deux ou trois têtes de plus que le jeune homme. Son armure était assez étrange, il n'y avait que les bottes, les jambières et la cuirasse enveloppée par une cape de feutrine noire. Il portait un simple pantalon de cuir et aucun casque, étrange pour un guerrier. L'inconnu était également plus musclé que Murtagh, vraiment plus. Le bras gauche de cet inconnu n'existait plus, remplacer par une prothèse forgée en acier, sa force devait être plus grande que la plupart des guerriers. Une arme ? Murtagh ne la vit pas tout de suite. Mais cette lame bien trop grande pour être considéré comme une épée. Trop grande. Trop lourde. Et même trop grossière. Tout bien considérer, c'était un gros morceau d'acier...L'acier de cette arme pouvait sans aucun doute entré dans une armure comme si c'était du beurre. L'épée était aussi apaise que sa main et aussi grande que lui. Au niveau physique, l'homme avait des cheveux noirs de jais en bataille, un oeil unique était d'une couleur étrangement foncé même si il semblait brun. Son visage était couturé de cicatrices anciennes ou récentes. L'inconnu regarda Murtagh qui continuait de le fixer étrangement :
- ...T'aurais pas vu Mancinia ? questionna - t - il d'une voix grave. Le vieux croûton m'a dit que j'l'à trouverais ici.
- Heu..., commença Murtagh. Le Roi ? Oui, euh...Elle prend un bain...Ca me fait pensé qu'elle à pas de vêtements de rechange.
- C'm'étonnes un peu d'elle, marmonna l'homme. Mais j'm'en fous de ses envies...
Murtagh rougit rapidement, gêné :
- Mais ça va pas ?!
Mais l'inconnu, qui ne s'était d'ailleurs pas présenter, s'avança plus dans la pièce. La chanson s'était arrêtée. L'homme se dirigea vers la porte de la salle de bain, Murtagh voulu l'interpeller mais dans son élan il remarqua une marque dans son cou qui l'intrigua. Une sorte de rune qu'il n'avait encore jamais vu mais il n'arrivait même pas à le décrire. Premièrement, une ligne passait dans le centre de cette marque, de haut en bas. Ensuite, ont aurait dit que c'était deux serpents qui l'entourait...C'était difficile à dire.
- Vous..., commença Murtagh.
L'inconnu posa sa main sur la clinche de la porte, prêt à l'ouvrir mais Murtagh retenu son bras à la grande stupéfaction de l'homme :
- Ca va pas ? s'exclama - t - il. Vous pourriez au moins frapper avant d'entrer !
L'homme sourit en releva la tête vers la porte, tandis qu'il recula il poussa Murtagh en avant, ce dernier trébucha en arrière. Un déclic attira son attention, ensuite la porte s'ouvrit promptement. Le jeune Dragonnier sentit une main gracile se posa son épaule puis une poigne ferme se referma sur la garde de son épée, Zar'roc, l'épée hérité de son père et qu'il avait reprise à son jeune frère. Murtagh tomba au sol, retenu par ses deux mains et détourna le regard vers Mancinia et cet inconnu. L'inconnu avait tourné légèrement et se protégeait avec la garde de sa propre arme qui faisait sa taille, la lame rouge de Zar'roc était en train d'essayer de le transpercer pour le blesser. Murtagh déglutit en voyant Mancinia, elle portait une simple serviette qui cachait son haut jusqu'au cuisses mais dans cette position, le jeune homme pouvait voir ses courbes de font en comble.
- Mancinia...Tu es..., commença Murtagh en tournant la tête pour éviter de la regarder.
- Toujours aussi réactive, dit l'homme avec un large sourire.
- Guts, souffla Mancinia. Je suis ravie de te revoir.
Mancinia retira son arme et les deux personnes se regardèrent dans les yeux.
- On sait vu y'a à peine deux semaines...
- Bah...Un peu de nostalgie quand même ?
- Pfff...M'en tape, dit - il en tournant sa tête vers la droite.
- Hum...Tiens où est Puck ?
- 'En tape d'toute manière.
Mancinia ferma les yeux et respira un grand coup.
- Je te remercie d'être venu.
La jeune femme sentit comme une cape lui être jetée sur la tête, Murtagh n'osait pas la regarder mais essayait de la couvrir :
- Mancinia, rhabille - toi, enfin !
______________________
"Je peux savoir se qui te met dan cette état ?"
Murtagh sursauta quand il reconnu cette voix grave mais si familière à son esprit :
"Thorn !"
"Oui, je suis censé me nommer ainsi tu te souviens ?"
"Je suis terriblement désolé...Je ne sais pas quoi te dire..."
"Bah, ce n'est rien. Tu étais occupé tout comme moi...Enfin non, moi je n'ai rien à faire...Mais bon, a quoi tu penses là ? Tu souris très bêtement !"
"Comment tu peux le savoir ?"
"Parce que je suis devants toi, imbécile."
"Allons bon..."
Murtagh conservera son air débile pendant un bon moment tandis que Mancinia regardait de haut en bas et de gauche à droite ce dragon rouge vermeil. Mancinia n'avait jamais vu un dragon aussi pourpre ! Il était impressionnant et magnifique à la fin, grand et gros également.
"Je suis Thorn", lança la voix grave du dragon dans ces oreilles.
- Tu es beau. Tu n'as pas la même beauté que mon ami dragon mais tu as ton charme propre.
- Thorn, enfin ! s'exclama Murtagh.
- Qu'est - ce qu'il dit ? questionna Mancinia. J'ai dis quelque chose qui fallait pas ?
Murtagh secoua la tête :
- C'est lui qui dit des choses pas nettes !
En réponse à cela, le dragon grogna et un filet de fumée sortit de ses narines :
- Il dit..., commença Murtagh avec gêne. Il dit...
Mancinia cligna des yeux :
- Il dit... ? l'encouragea la jeune femme.
Mais ce fût Thorn qui prit l'initiative, normalement, les dragons ne peuvent communiquer avec d'autres personnes qu'après plusieurs mois mais il semblait essayer de faire des efforts pour agaçer son Dragonnier.
"J'ai dis : "Elle tu es très belle pour une fille et que s'est un heureux hasard qu'il soit tomber sur toi si il songe à ce marier". C'est tout."
- Thorn ! dit Murtagh, rouge.
"Tu me hérisses les écailles !"
- Mais arrête !
"Allons bon !"
Mancinia explosa de rire dans son coin. Voir une scène de ménage entre deux personnes si fortement lié la faisait rire. Murtagh grogna et Thorn semblait la suivre même si son rire ressemblait à des cailloux broyer. Mancinia essaya de se reprendre petit à petit :
- Ahem...Non, ne t'inquiètes pas...Je ne te le prendrais pas.
"Hum...Tiens !"
- Quoi ? demandèrent les deux jeunes gens.
"Non rien, j'ai cru sentir une...
Murtagh tendis son bras et rattrapa Mancinia qui chavira, puis en écartant légèrement la main, le Dragonnier vit que la jeune femme saignait comme la nuit dernière.
- Encore ? dit - il.
Mais Mancinia se redressa en le repoussant.
- Ce n'est rien !
- Mais... !
"Murtagh, laisses - là..."
"Mais...Thorn, elle saigne ! Il faut la soigner... !"
"Je pense que c'est inutile...Tu vois du sang couler sur elle maintenant ?"
Le jeune homme regarda Mancinia dont l'armure avait retrouvé sa normalité.
"Cette fille est vraiment trop bizarre...", pensa la jeune homme.
Puis, il sentit une présence derrière lui. Deux doigts se saisirent de son oreille pour la tirer fortement vers le haut :
- Aïe !
Murtagh constata qu'il s'agissait de Guts, visiblement en train de les chercher, avait - il tout entendu ?! Le guerrier regarda froidement Mancinia avant de parler :
- T'es pas à l'entraînement ? J'vais pas me farcir ces incapables.
Guts jeta un coup d'oeil à Murtagh :
- J'veux bien m'occuper de lui.
- Il n'est pas à prendre, ordre du Roi.
- 'Chier la rasmotte...
Mancinia sourit tandis que Guts lâchait Murtagh tout en tournant les talons. Mancinia lui tapa sa main sur l'épaule en faisant un clin d'oeil à Thorn avant de suivre son vieil ami.
- Alors tu viens ? demanda - t - elle au jeune homme.
Murtagh hocha la tête : il n'avait pas trop le choix. Thorn se replia en boule pour piquer un petit somme dans son enclot humide. Mancinia rattrapa Guts pour discuter avec lui et Murtagh préféra les suivre avec un peu de retrait même si des bribes de leur conversation lui tapaient les oreilles. Les trois jeunes gens firent les tours des murailles ouest pour se rendre dans l'arène d'entraînement des trois cents hommes, jeunes et incapables, qui gardait la citadelle et ses alentours, le gros de l'armée ayant fait marche vers le Surda pour combattre les Rebelles.
- Je vois ce que tu veux dire, dit Mancinia à Guts.
- Incapable..., marmonna le guerrier noir.
- Ca me rappelle Léonidas, pas toi ?
- A quelle bataille ?
- Ben...Avec les Thermopyles...
- M'ouais.
Les trois cents hommes étaient tous alignés en trois rangés mal formés et avec leur lance mal tenue...Murtagh pensa à l'arme de Guts et se dit que c'était pitoyable quand même pour des soldats formés de ne pas savoir manier une lance ! Ce n'était pourtant pas si difficile de la tenir droite quand même.
- Bon ben..., commença Mancinia, puis en haussant la voix. Soldats ! Le Roi m'a chargé de vous formé et c'est ce que je vais faire...Moi c'est Mancinia, et mon pote là, c'est Guts. Pas de questions ? Bon...
Mais Murtagh entendit des chuchotements : "Quoi, une femme ?", "Nous sommes tombés bien bas", "Punaise, c'est quoi ce monstre à côté d'elle ?", "Vachement mignonne". Mancinia détourna la tête :
- Ca l'énerve, dit - elle à Murtagh en parlant de Guts.
Tous les murmures cessèrent quand Guts fit un pas pour les calmer. Tous arrivèrent à se tenir droit près ça.
- C'est pas parce que je suis une femme que je ne sais pas me battre, Guts, avec moi.
- 'Tain...Tu m'fais chier.
- Ouais, cinquante combats et toujours match nul !
Mancinia fit rapidement circuler les soldats du Roi avant de prendre place au centre du terrain. Levant lentement son arme tandis que Guts posa sa main derrière son cou, sur la garde de son gros tas de ferraille. Le vent soufflait en soulevant des fines particules de terre. C'était si calme. Puis, Mancinia bondit dans les airs tel un faucon sous les yeux ébahis des soldats qui formèrent des ronds avec leurs bouches : "Oooh !".
"N'importe quoi...", pensa Murtagh aux sujets des recrues.
Guts dégaina son arme pour retenir l'attaque de Mancinia la poussant à reculer, le guerrier et la guerrière ne retenait pas leurs coups ! L'épée d'un soldat normal aurait pût céder sous les chocs que lui portèrent la lame de Guts, mais celle de Mancinia semblait résister. Dans un enchaînement de coups d'épées, d'étincelles, de jeu de pieds et de bras, au bout d'une demi - heure en fait. Mancinia posa un genou à terre, les soldats murmurèrent de nouveau mais Murtagh vit le regard et le visage du guerrier noir : il était surpris et un peu hésitant, de la pitié ? Non. Ce dernier allait poser son épée sur son cou pour mettre sa défaite au bout. Mais la jeune femme fit à peu prêt comme ce matin. Guts s'approcha d'elle pour abattre son épée mais Mancinia fit une bond sur le côté, attrapa son épée. Guts tourna en déplaçant son arme massive prête à la couper en deux, la jeune femme sauta et fit une pirouette. Guts resta déconcerté, Mancinia posa une main sur son épaule pour retomber sur ses deux jambes en arrière, mais quand Guts tourna la tête, il vit la l'arme se placer à côté de lui, devant ses yeux qui se reflétait sur la lame. Si cela avait été un vrai combat, elle l'aurait tué. Mancinia retomba sur ses pieds, à genoux et regarda son ami en souriant :
- J'ai gagné pour la première fois.
Le vent souffla. Guts se retourna et rengaina son épée. Des exclamations fusèrent pour la général qui se releva difficilement. Les deux amis se défiant du regard avec une expression arrogante. Mancinia s'approcha de Guts :
- La prochaine fois, tu le bâteras.
Exclamations, Murtagh resta impressionner, lui - même ne savait pas ce battre comme ça. Guts sourit d'un air peu habituer à Mancinia avant de prendre une nouvelle tête stupéfaite. Il tendit la main et rattrapa le bras de Mancinia qui partait en arrière. La jeune femme s'était évanouie debout. Guts leva la tête. Il venait d'en trouver un autre.
______________________
Deux épées s'entrechoquèrent violemment. La lame de Murtagh heurta de nouveau celle de Tornac, qui partit d'un grand éclat de rire. Son élève avait progressé à une vitesse hallucinante, comme aucun des autres qu'il avait eut l'occasion d'avoir. Et contrairement aux idées de Galbatorix, Murtagh était devenu un prodige en escrime. Et il était devenu aussi...Remarquablement beau. Il venait d'avoir tout juste dix - huit ans, un âge idéal pour le mariage. Après une longue bataille amicale, Tornac lui intimida l'ordre de cesser le combat.
- Tu es vraiment incroyable, Murtagh ! Jamais personne n'a put progresser aussi vite que toi ! Je ne sais pas comment tu t'y prends mais...
Le jeune homme sourit :
- Je ne le sais pas vraiment non plus.
Avec un nouveau sourire, il haussa les épaules avant de rengainer son épée et de se pencher pour prendre sa longue cape dont il ne se séparait plus depuis le début du long hiver. Le jeune homme leva la tête pour regarder les nuages noirs chargé de pluie. Un vent glacé ne tarda pas à le faire frissonner sous l'oeil amusé de Tornac, qui était complètement insensible au froid. Quoique leur entraînement l'ait réchauffé, le jeune homme commença à trembler.
- Tu deviens un glaçon ?
Murtagh ne lui répondit pas un grognement agacé mais néanmoins amusé. Puis il se dirigea vers Tornac, le cheval cette fois.
- Des fois, commença son maître avec un faux air énervé. J'ai l'impression que tu l'aimes plus que moi.
Murtagh éclata de rire :
- C'est vrai qu'il a un avantage par rapport à vous... !
- Ah oui ? dit Tornac en levant un sourcil. Lequel ?
- Il ne me demandes pas sans arrête de me trouver une fille...
- Ben quoi ? C'est vrai ! Elles sont toutes à tes pieds, tu n'as qu'à claquer des doigts.
Murtagh soupira longuement.
- J'ai autre chose en tête...Et puis, toutes ces filles sont beaucoup trop superficielles...Elles ne pensent qu'à être la plus belle et prendre pour homme un bon partit non pas par amour mais par profit...Alors que franchement elle sont...Comment dire ? ...Euh...Enfin...
- Trop moches ?
- C'est un peu pousser mais ce sont mes pensés.
Tornac soupira longuement à son tour :
- Tu vas finir comme moi...Vieux, moche et sans enfants. Seul quoi !
- Être père ? ...Moi ? ...Impossible.
Tornac le regarda avec un air étrange, comme si il avait été foudroyé. Il s'approcha de Murtagh et lui abattit son poing sur sa tête :
- Je croyais t'avoir appris que tu étais un homme bien ! Pas un abrutit profond !!
- Mais...
Tornac et lui ne rajoutèrent rien à leur discussion puis rentrèrent au palais avant qu'un orage n'éclate. Murtagh voulu rentrer dans ses appartements mais il devait passer devant la salle du trône avant, cette fois - ci, le Roi apostropha le jeune homme.
- Que puis - je faire pour vous, Sire ?
Le Roi eut un petit rire :
- Rien. Mais ce soir, tu es mon incité. Tu dîneras avec moi, soit prêt.
Murtagh s'inclina, cela ne lui plaisait pas du tout mais ce n'était pas si il avait vraiment le choix. Tout en ruminant dans ses pensées, il regagna sa chambre, un goût amer dans la bouche. Soupirant, il détacha de son côté son épée qu'il jeta sans ménagement sur son lit. Puis, il s'y assit lui - même, pensif. L'instant d'après, il se changea puisque ces vêtements n'étaient pas convenable pour le souper. Il ferma brièvement les yeux, le crâne remplit de pensées incohérentes. Quand il les rouvrit, ce ne fût que de longues et interminables minutes plus tard. Murtagh jeta un bref coup d'oeil autour de lui et sursauta quand quelqu'un frappa à sa porte. Tornac.
- C'est l'heure.
- Déjà ?
Il avait dû fermer les yeux plus longtemps qu'il ne le croyait. Chancelant, il se leva et sortit à la suite de son ami et maître. Tornac conduisit Murtagh auprès du Roi, puis il le quitta, non sans un mauvais pressentiment. Cela ne lui plaisait pas plus qu'au jeune homme, mais il devait s'en accoutumer. Il décida de sortir prendre l'air et attendre. Ce ne fût que de longues heures plus tard que Tornac vit une silhouette émerger de l'ombre, Murtagh.
- Alors, que voulait - il ?
Il ne lui répondit rien. Mais il avait l'air ravi ainsi qu'un grand sourire sur le visage. Finalement, il se décida à tout lui raconter. Murtagh débuta son récit en expliquant comment le Roi s'était tût tout au long du repas, avec un regard effrayant, comment Galbatorix avait prit la parole à la fin. Comment il lui décrit sa vision de l'Empire : les villes, la fin des Urgals, l'immensité du futur territoire, la paix, la sécurité et...Le rétablissement des Dragonniers. Pendant des heures, Murtagh l'avait écouté en brûlant de connaître la suite. Pour terminer, il lui dit que le Roi lui avait demandé de la servir pendant qu'il travaillait à l'avènement de ce paradis. Le visage de Tornac prit une expression sombre :
- Tu as accepté ?
- Je...Oui. Bien sûr que j'ai accepter !
Tornac marmonna un juron, puis, visiblement énervé, tourna les talons et laissa son disciple seul. Complètement ébahit par la réaction de son amie. Il était vraisemblablement choqué, ne comprenant pas sa réaction. Il renversa la tête en arrière et jura en s'apercevant que le mur était un peu plus près que prévu. Il se releva en se frottant douloureusement le crâne. Baillant, il rejoignit sa chambre et à peine couché sur son lit, le jeune homme s'endormit avec un léger sourire.
______________________
Le médecin sortit alors de la pièce. Il était trapu et légèrement courbé, les cheveux grisonnants et des lunettes reposait sur son nez gras alors que ses yeux étaient légèrement entrouverts.
- Dame Mancinia à quelques problèmes de digestion, ne vous en inquiéter pas. Cependant...
- Oui ?
L'homme entrouvrit son oeil :
- Hum...Non, inutile que je vous en parle. Elle sait.
Il passa à côté de Murtagh avec un pas lent sans ajouter un mot. Le jeune homme se rendait compte. Aussi, il tapa son poing contre le mur de pierre. Sa colère s'apaisa cependant bien vite et il frappa à la porte de Mancinia avant d'entrer. La jeune femme était assise sur le bord de son lit et semblait ne pas avoir apprécier la visite du médecin.
- Mancinia, tu es malade ? questionna Murtagh en sachant déjà la réponse.
- Non, dit - elle.
Murtagh la jugea d'un oeil critique quand le silence s'ensuivit, puis il soupira :
- C'est bien ce qui me semblait...
- Quoi donc ?
Murtagh lui jeta un regard déçu tout en étant furieux :
- Pourquoi m'as - tu cachée que tu étais enceinte ?