Héritage des Anciens

Ma quatrième FanFiction

Héritage des Anciens
Par Mancinia.

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Prologue : La cité d'Ecerg

Le vent est présent comme à son habitude. Dans ses hautes terres du nord, le vent souffle perpétuellement. La haute cité d'Ecerg, capitale du Royaume de Celtia, dominait de ses ombres dansantes la plaine qui bordait la frontière sud ainsi que l'océan de l'ouest, une fois passer la ligne d'horizon, vous entrez dans le terrible Empire d'Alagaësia, le puissant voisin et allié de Celtia. Ce fière pays n'était guère très grand, ce composant uniquement de sa splendide cité frontalière et de quelques villages prospère dans différents domaines comme la métallurgie et l'agriculture, pays souvent neutre dans les guerres même si son armée était à elle seule assez imposante. Chaque femmes et hommes de Celtia apprenaient à se battre dès son plus jeune âge, tout ce peuple pouvait entrer en guerre et provoquer des dégâts assez considérables. Cinquante milles personnes prêtent à se battre répartie dans les différentes castes : Nobles, forgerons, paysans et commerçants. Par ailleurs, l'armée n'était pas diriger par la famille Royal mais par un homme où une femme qui s'élevait au rang de Prince ou Princesse même sans lien avec la Royauté. Actuellement, celle est se poste est la Général - Princesse Mancinia. En clair, ne jamais sous - estimé ce petit Royaume dont l'armée est le coeur même de son peuple. Celtia était gouverné par le Roi Seth, sa femme, la Reine Helia était morte quelques années auparavant. Néanmoins, ils avaient eut le temps d'avoir un fils, le Prince Fye*. Récemment, les habitants d'Ecerg avaient eut vent d'une guerre au Surda, un pays renégat qui attaquait l'Empire sans motifs apparents, les messagers de Galbatorix avaient aussi rapporter qu'une bataille avait fait rage et des folles rumeurs avaient courues ensuite dans la citée. Tous ne préféraient pas parler des ennemis puissants qui attaquaient sans remords de pauvres innocents luttant pour leur patrie. Le Roi Seth craignait cependant que son allié Galbatorix, avec qui ses relations diplomatiques étaient tendues, ne lui force la main pour mettre en son pouvoir l'armée de Celtia, où plutôt qu'il s'en prenne directement à Mancinia. Mais il n'était pas dupe, il savait que ce pays, le Surda, ne savait même pas qu'ils existaient tellement ils étaient éloignés. Seth ne permettrait pas au Roi de faire du mal a celle qu'il considérait comme sa fille, il l'avait trouvé remarquable avec son humeur irascible et ses drôles de paroles venues d'ailleurs, mais pour lui comme beaucoup de monde, Mancinia restait un mystère. La jeune femme était apparue il y à six mois aux portes de la ville, inconsciente, en haillons, gravement blessée, sans aucuns souvenirs et incapable de faire quoi que se soit. Le Roi l'avait confié à Irahya, la plus ancienne des Perceptrices pour qu'elle lui apprenne les arts du combat ensuite à Ashanti pour la former dans les arts domestiques qu'une jeune fille doit savoir. Les deux femmes avaient reconnues que Mancinia était plutôt douée dans chaque domaine pour une fille de seize ans amnésique. Qui plus est, l'apparition de deux "Anciens" avait quelque peu changé la donne, aujourd'hui, le pays entier lui faisait confiance et si Galbatorix voulait s'en prendre à eux : que les dieux le protège.

Regardant les derniers rayons du soleil se refléter contre l'eau miroitante de l'océan, la personne trouvait ces reflets étranges, elle aurait même dit qu'elle voyait des formes diffuses danser au dessus de l'eau. Cette jeune femme à l'air rêveur essayait de revenir à la réalité des choses. Cela était tellement dur car elle se croyait dans un rêve éveiller, dans ceux où vous ressentez tout sans que cela ne soit vrai. Peut - être était - elle égoïste au fond ? Voici seulement six mois qu'elle était là mais cette citée n'avait pas fait que l'accueillir et l'accepter, le Roi Seth l'avait prit sous son aile comme si elle était sa propre fille ainsi que ses deux Préceptrices. Princesse, voilà ce qu'elle était depuis seulement deux mois.
- Bouh..., souffla quelqu'un dans son oreille.
- Innocence Activation ! sursauta Mancinia.
- Qu'est - ce que tu dis ?
Mancinia resta stupide quand elle vit l'air complètement dépasser de son ami. La jeune femme baissa la tête tant elle était morte de honte. Perdue dans ses songes, elle ne l'avait même pas entendu s'approcher d'elle.
- Désolée, dit Mancinia, gênée. J'étais en train de penser à une histoire que m'avait raconter un jour un commerçant en ville...Tu sais, avec une cité appeler Vatican et les Exorcistes...Les Akumas et le reste...L'Innocence est source de leur puissance. J'étais en train de me dire que je vais la mettre par écrit tiens...**
Mancinia était sacrément rouge ! Elle aurait tant aimée disparaître d'un coup pour ne pas montrer cette honte d'avoir dit ça. Mais son ami lui afficha son éternel sourire.
- Je vois, tu étais en train d'y réfléchir. Désolé de t'avoir déranger.
Mancinia se força à sourire en relevant lentement son regard. Fye avait bien une tête de plus qu'elle, il avait deux yeux bleus aussi clair que le ciel en hiver, une peau blanche voir blême ainsi que de court cheveux blonds, un corps svelte pour un guerrier mais un esprit tenace, malgré ses sourires de gamin il reste très puissant.
- Mon père te demande, dit - il en approchant son visage à quelques centimètres du sien. Il dit que s'est très, très, très urgent. Il paraît qu'un drame terrifiant menace le Royaume.
- Très...Terrifiant, commença Mancinia avec une pointe de stress. D'accord, laisse - moi me changer en premier, tu veux bien ?
- Je t'attends dehors, très chère amie.
Mancinia resta quelques minutes de plus sur le balcon de sa chambre à l'intérieur même du palais tout en regardant sans le voir l'océan qui reflétait la lune argenté et les lumières dorés des rues et des habitations. Urgent ? Tous lui semblait urgent à faire. Son côté irascible avait intéressé le Roi Seth mais pas la plupart de ses conseillers qui la considérait comme prétentieuse, sans aucunes valeurs et aucuns principes, ne pensant qu'à s'enrichir et détestable, mais de leurs avis le Roi s'en moquait ouvertement. Mancinia soupira et referma la porte de verre donnant sur le balcon. Sa chambre était spacieuse, chaude et illuminée par un feu qui craquait dans la cheminée de pierre polie, Mancinia l'avait modestement décorée. La jeune femme ne tarda pas à discerner ses traits se dessinant sur le miroir, avec quelques torches pour voir dans la nuit naissante. Mancinia avait deux iris ambrés incrustés dans son beau visage, ils reflétaient une vive intelligence qu'elle cultivait grâce à son attirance vers la littérature, les sciences et l'histoire. Ses cheveux bruns clairs retombait souplement sur ses épaules, mince, grande et affaiblie physiquement, elle ne semblait pas vraiment jolie vue comme ça. Mais l'avis des autres ne valait pas le sien, elle se trouvait bien et ça lui suffisait amplement. Elle retira sa robe pourpre à la coupe raffinée et moderne pour passer son grand apparat de général. Mancinia revêtit son armure qui se composait d'une cape aussi grande qu'elle, d'un bustier, d'un long pantalon et des bottes, tout ça en noir. Drôle de couleur que le noir, mais bon. Cela lui plaisait. La jeune femme avait relevée en un chignon serré ses cheveux qui ne laissaient dépasser que quelques mèches qui retombaient sur ses épaules et son cou fin. Elle dégageait donc un visage d'ange glacial mais tout de même charmant. En dernier, elle ceignit son épée sur le côté. La soirée était légère pour la saison. Elle sortit alors de sa chambre et fit un large sourire à Fye qui l'attendait un peu plus loin, un sourire qu'il lui rendit.

Afin de protéger leur territoire en ces temps de guerre qui bouillonnait dans les entrailles de l'Empire voisin, les Celtibères avaient maintenu une surveillance presque sans interruptions de leurs frontières. L'idée émanait de Mancinia qui se devant de montrer l'exemple en participant elle aussi à cette surveillance. Accompagnée de Fye, elle parcourait les couloirs ouverts du palais. La salle du Roi était parcourue d'étranges cristaux de chaque couleur possible, Mancinia remarque qu'ils étaient seuls, cela piqua sa curiosité. Le Roi Seth était assis sur son trône et les invita à avancer :
- Ma fille, dit Seth. J'ai la tâche en tant que Roi de vous prévenir, mais s'est mon devoir d'également vous protéger du danger.
Mancinia fronça les sourcils quand il invita son fils et sa général à s'asseoir à ses côtés :
- Quel danger ? questionna Mancinia.
Le Roi se leva de son trône et la jugea sévèrement, pesant avec soin les mots qu'il allait utiliser.
- Un messager du Roi Galbatorix sera là demain.
- Comment pouvez - vous le savoir puisqu'il n'est pas encore là ?
- Oublierais - tu que tu m'as donner le moyen de parler aux Efforts ?
- Ah...
La jeune femme n'avait pas envie de penser à ses vieux croûtons sortit d'un quelconque antre infernal, préférant penser qu'un vieille homme avait guidé les paroles du Roi.
- Ce messager viendra sans doute demander l'aide de notre armée, dit le Roi avec un léger malaise. Hors, je ne le veux pas. Si l'armée part, nous partons tous. Galbatorix serait capable de m'offrir la forêt de l'Est***. La guerre était - elle bien la solution ?
- Je m'occuperais de lui, dit Mancinia. N'ayez crainte, mon Roi.
Mancinia jeta un rapide coup d'oeil à Fye dont le visage semblait avoir soudainement été frapper par un quelconque mal mais elle préféra l'ignorer. Le Roi leur expliqua que si jamais il le fallait vraiment, s'est contre Galbatorix qu'ils entreraient en guerre. La fin de la soirée ce passa sans encombres et Mancinia retourna dans ses quartiers avec un mauvais pressentiment au creux de son ventre.

Toute la nuit, elle dormit mal. Hanter par des cauchemars qui la réveillèrent en sursaut et enfin, le lendemain matin aux aurores. Il pleuvait. La pluie et le malheur semblaient suivre ce messager. Les nuages étaient menaçants et la journée semblait mal partie. Un froid perçant semblait dominer sa chambre malgré le feu qui ronflait dans l'âtre de la cheminée, Mancinia était inquiète et mal à l'aise, pourquoi ? Elle ne savait pas. La jeune femme essaya de se calmer avant d'aller prendre un bain, elle plongea dans l'eau tiède sans ménagements, se sentant sale presque souillée, elle resta bien une heure à somnoler dans l'eau avant de prendre la décision de sortir et de se vêtir de son armure pour accueillir cette allié comme elle le devait. Mancinia prit les couloirs les moins fréquenter et fit de long détour pour aller dans la salle à manger. Son épée sur le côté suivait ses mouvements, sa dague, cadeau de Fye et dont elle ne ce séparait jamais, était cacher dans sa botte. Scrutant de ses iris bleus les ménagères, les dames de compagnies, où bien même encore, les nobles ce pavanant dans les couloirs du palais, elle préféra les éviter, eux. Certains soldats qui faisaient leur ronde et qui passaient à côté d'elle, la saluèrent de façon polie et respectueuse et Mancinia leur rendit leurs salutations, toujours avec son sourire fatigué flottant sur le visage. Comme à chaque fois qu'elle entrait, Mancinia s'arrêta et contempla ce lieu, la salle était spacieuse et bien éclairer. Les murs opalins de la salle à manger la rendaient aussi immense que le palais, à cette heure, elle était heureusement déserte, mais l'appétit lui manquait. Mancinia alla s'asseoir sur un banc de bois en face d'une table massive. Elle y resta assise quelques minutes, les yeux clos. Mais elle ne voulait pas ce laisser aller. Une Général qui s'endors dans la salle à manger, elle imaginait déjà les railleries des conseillers ! Le sourire de Mancinia s'élargit tandis qu'elle réfléchissait devant son assiette encore pleine. Fye vint s'asseoir à ses côtés un peu plus tard pour lui demander si tout allait bien, elle lui répondit que la vie serait plus simple sans guerre, il avait rit en confirmant ses dires. Une ombre passa sur la ville, un frisson sans nom les parcourus. Il était là. Ce messager du Roi Galbatorix.

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* Fye est un personnage du manga Tsubasa Reservoir Chronicle de Clamp publier aux éditions Pika. Je me suis servie de lui parce que j'aime bien l'air débile qu'il à souvent sur le visage ^^.
** Mancinia fait allusion au Manga D.Gray - Man de Hoshino Katsura publier aux éditions Glénat.
*** Seth fait allusion au Du Weldenvarden.
Héritage des Anciens
# Posté le samedi 13 septembre 2008 12:24
Modifié le dimanche 08 février 2009 10:08

Héritage des Anciens

Chapitre 1 : Le Messager

Le magnifique château d'Ecerg était fait de marbre, ses tours étaient surmontés de toit fait en basalte. Les remparts empêchaient la vue intégrale du palais et devant l'immense porte, sur le pont - levis, un homme se tenait droit fixant un horizon inexistant. Son corps était athlétique, ses cheveux noirs cachaient ses yeux. Le messager était vêtu d'un pantalon de cuir noir et souple, ses bottes, elles - aussi en cuir enserraient étroitement ses pieds et ses chevilles. Aucune menace ne semblait émaner de lui.
- Ouvrez - les portes ! lança Mancinia.
Dans un grincement métallique, la grande porte à deux battants fait de bois et de fer s'ouvrirent sous la force de six soldats. Mancinia était au dessus du rempart et semblait avoir une ombre affichée sur le visage, refusant de céder à la haine et la peur qu'il pourrait créer à l'intérieur du palais. Ce n'était qu'un messager, après tout ils étaient neutres mais elle sentait que quelque chose allait mal tourner à cause de lui, dû moins, elle espérait que ce soit des bêtises de sa part et non une réalité. Accompagnée de Fye et du Roi Seth, elle descendit accueillir leur illustre inviter. Mancinia resta étonner quand ils se retrouvèrent face à face, la bienséance forcerai ce messager à s'incliner devant le Roi, hors il ne le fit pas, la jeune femme serra le pommeau de son épée tout en serrant les dents pour se retenir de lancer une insulte bien sentie. De plus près, le messager avait une peau hâlée ainsi que des yeux bleus mélangés à un gris des plus doux, le Roi Seth s'avança :
- Bienvenue à Ecerg, messager. Soyez le bienvenu dans ma ville.
Il ne répondit rien, Seth non plus. Mancinia s'empourpra, quelle insulte envers un Roi ! Elle ne le tolèrerait certainement pas.
- Dis donc, commença - t - elle. On ne vous à jamais apprit à remercier où à saluer un monarque ?
- Mancinia, souffla Fye.
- Les coutumes de votre Roi sont biens minces, dit - elle, moqueuse.
- Le Grand et Puissant Galbatorix exige que vous lui remettiez l'aide de votre armée. Vous êtes bien nos alliés, n'est - ce pas ?
Seth haussa un sourcil tout en gardant calme et silence ce que son fils faisait également, mais Mancinia était libre dans ce domaine :
- C'est moi qui dirige l'armée, dit la jeune femme en se plaçant devant le Roi et l'inconnu. Et tant que vous ne m'auriez pas donné des preuves sur vos sois - disant agressions territoriales, je ne lèverai mes hommes contre ce Surda que nous ne connaissons pas.
Ils se défièrent du regard pendant quelques instants, aucun ne voulait ciller devant l'autre. Finalement, le messager ferma les yeux avant de les rouvrir avec un large sourire afficher sur le visage.
- Le Roi m'avait prévenu de votre courtoisie, Roi Seth, commença - t - il. Pardonner mon impolitesse qui vous a offenser Ma Dame, je voulais vous tester.
Il s'inclina légèrement devant Seth et baisa la main de Mancinia, un geste qui il faut l'avouer la surpris grandement. Le contact avec cette peau la paralysa durant une demi - seconde, non pas parce qu'elle était chaude où froide mais...
Tiens bon.
Ses lèvres qui...
N'hésite pas.
Mancinia dégagea sa main assez rapidement, posa son autre paume dessus comme pour effacer une plaie. Elle vit Seth la devancer et Fye lui poser une main sur l'épaule pour la rassurer que tout allait bien.
- N'oublis pas qu'a la moindre de tes pensées nous..., souffla Fye.
Mais la jeune femme le fit taire en lui plaquant la main sur la bouche de peur qu'il aille trop loin. Puis, elle s'éloigna en titubant sous le regard inquiet et triste de son ami.
- J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ? questionna le messager.
Fye se retourna brusquement lui lançant un regard qui le paralysa sur place.
- Très cher messager, reprit Seth. Nous discuterons de cela plus tard, vous devez être épuiser après un aussi long voyage. Permettez - moi de vous inviter à vous reposez pendant quelques jours. Le messager hocha la tête tout en regardant la silhouette de la général des armées s'effacer.

Mancinia était accouder sur la terrasse de pierre qui surplombaient les jardins royaux baigner dans la couleur orangée du crépuscule. La jeune femme portait encore son armure, refusant de mettre une robe pour le dîner, Fye n'arrêtait pas de lui dire que ce messager était sous son charme, si s'était le cas, elle l'enverrait balader, qui plus est, elle détestait les robes. Son regard fixait dans un horizon invisible, le bleu et le rouge se mélanger dans la plus divine des couleurs, un sourire ce dessina sur son visage, doux et rêveur.
- Je m'excuse pour ce matin, dit une voix.
Mancinia se retourna, surprise et fixa le messager du Roi Galbatorix avec un air étrange :
- Ce n'est rien, répondit - elle. Mais je pense que des présentations s'imposent non ?
- Je suis Murtagh, dit - il tout sourire.
- ...Mancinia.
"Et elle est où ta soeur jumelle ?" se demanda Mancinia.
- J'ai quelque chose sur le visage c'est ça ?
- Hein ? Non...Je réfléchissais. Mais je suppose que ce n'est pas par politesse que vous êtes venu, je me trompe ?
- Un peu.
Mancinia soupira :
- Vous êtes macho vous les hommes, seul la guerre vous intéresses ! Moi aussi j'aime me battre mais prendre la vie d'autrui pour une chose aussi stupide que l'envie d'extension de son territoire est vraiment inutile ! Pourquoi devrai - je envoyer mes hommes et mes femmes au combat pour un ennemi qui ne nous a jamais menacer ?
Murtagh resta interdit face à la tirade glaçante qu'elle venait de lui servir. La jeune femme le fixait dans les yeux avec du mépris ancré dans son regard. Murtagh baissa la tête tellement il avait honte, de lui et de ses origines aussi.
- Je ne fais qu'obéir, répondit Murtagh.
- Comme nous tous, répliqua Mancinia. Mais si un ordre est aberrant rien ne vous empêche de désobéir.
- Sauf si on menace les vôtres.
- ...Ce qui n'est pas faux non plus.
Murtagh releva la tête complètement surpris.
"Comment il à pût créer des gens pareils ? Ca n'a pas de logique...Mais au lieu de penser à ça, je devrai plutôt me concentrer sur la prochaine Eclipse." pensa Mancinia.
Elle s'avança dans sa direction voulant passer à côté de lui sans rajouter un mot, que ce soit polit et mal vu. Mais le jeune homme ne l'entendait pas de cette oreille et lui attrapa le bras, à ce simple contact, un flot de penser et de colère parcourut son corps comme des fourmis une fourmilière. Des cris, des pleurs, de la haine, de la joie, de la passion et de la haine. Tous ces sentiments la transperçaient. Le visage de la jeune femme blêmit de plus en plus jusqu'à ce que Murtagh décide de la relâcher.
- Qu'est - ce qu'il y à ? demanda ce dernier, inquiet.
Mancinia releva ses deux yeux pâles sur lui et recula d'un pas un peu surprise par sa découverte. Aussi s'empressa - t - elle de répondre :
- R...Ri...Rien...Juste que je...N'aime pas qu'on me touche. Je sais s'est bizarre mais bon, hein !
- Ah ! dit - il d'un ton nerveux. Désolé...Je ne voulais pas vous offenser ! <~~ Rougit.
- Ce n'est rien ! <~~ Complètement gênée.
Vu leur imbécillité apparente ils éclatèrent de rire avant de se murer dans un mutisme commun.
- Mais..., commença Mancinia. Peu - être devrions - nous nous tutoyer ?
- Euh...D'accord.
- Bon ben...Je suppose que vous avez faim ?
- Non, non ! s'empressa de répondre Murtagh.
Si il avait voulu ne pas paraître affamer, c'était raté. Un gargouillis féroce émana de son ventre.
- Ha ha ha ! explosa de rire Mancinia. C'est votre ventre qui crie famine, alors venez !
La jeune femme l'entraîna par le bras, quelque peu contente pour une fois. Murtagh, complètement gênée ne pût que la suivre.

La salle de réception était somptueuse, couvertes de tapisseries rouges, or, bleues et argentées. Une immense table accueillait les convives de cette réception.
- Tu n'as pas mit une robe pour draguer ? demanda une voix.
- Fye ! s'écria Mancinia.
La jeune femme vit que Murtagh les regardaient mais fit mine de l'ignorer. Le jeune homme de ce conter eut du mal à contenir un fou rire. Mais une voix dans sa tête le rappela à l'ordre :
Murtagh tu m'entends ?
Le messager frissonna. Galbatorix.
Oui, Mon Seigneur.
Ont - ils accepter ?
Non.
Dans ce cas : tue - les tous ! Je ne veux aucun survivant !
Il jeta un regard à Mancinia avec un air abattu sur le visage.
- Tu ne voudrais pas chanter ? le taquina Fye.
- Toujours aussi emmerdeur mais bon, si ça te fait plaisir.
La jeune femme monta sur une chaise et tapa dans ses mains :
- Mes chers amis, votre Prince réclame un récital !
- Simple, clair et concis ! souffla le concerné à côté d'elle. Même en rimes.
- Mais que vais - je interpréter pour Son Altesse ?
- Pas la peine d'être extrême, j'aime n'importe laquelle.
- Vos désirs son des ordres ! dit elle en s'inclinant.
Une note d'une incroyable pureté retentit, avant de s'évanouir. Puis le son cristallin de la voix qui chantait reprit. Murtagh se retourna de surprise, il n'en croyait pas ses yeux. Ses oreilles plutôt. Cette voix lisse et brillante s'accordait bien avec le son des instruments. Ce timbre si clair et doux aux oreilles du jeune homme. Il semblait, en même tant que la voix de la jeune femme, vibrer de passion telle une harpe. La puissance avec laquelle Mancinia chantait était sans mots, il en avait les larmes aux yeux tandis que Fye faisait le pitre à ses côtés :

Perdu dans les ténèbres, espérant un signe.
A la place il n'y à que le silence.
Ne peux - tu pas entendre mes cris ?
Je n'ai jamais cessez d'espérer.
J'ai besoin de savoir ou tu es.
Mais une chose est sûre.
Tu es toujours dans mon coeur.
Je te trouverai quelque part.
Je continuerai d'essayer jusqu'au jour de ma mort.
Je dois juste savoir ce qu'il a pu arriver,
La vérité libèrera mon âme.

Perdu dans les ténèbres, essaye de trouver le chemin du retour.
Je veux te prendre dans mes bras et ne jamais te laisser partir.
Espérant presque que tu sois au ciel, pour que personne ne puisse blesser ton âme.
Vivant dans l'agonie, simplement parce que je ne sais ou tu es...
Je te trouverai quelque part.
Je continuerai d'essayer jusqu'au jour de ma mort.
Je dois juste savoir ce qu'il a pu arriver,
La vérité libèrera mon âme.

Ou que tu puisses être, je ne m'arrêterai pas de chercher.
Quoi qu'il m'en coûte, je dois savoir...
Je te trouverai quelque part.
Je continuerai d'essayer jusqu'au jour de ma mort.
Je dois juste savoir ce qu'il a pu arriver,
La vérité libèrera mon âme.


Musique et paroles du groupe Within Temptation : "Somewhere" ou "Quelque part".

Le lendemain matin, Mancinia s'étira au dehors encore en tenue de nuit, ce moquant bien de la brise glacé qui coulait de l'océan.
- Hum ?
Elle se pencha en avant pour discerner devant les remparts : Murtagh. Complètement seul sur la plaines balayer par les vents matinaux, les rayons du soleil éclairait ses cheveux tel un ange.
"Je comprends maintenant pourquoi la moitié des femmes fantasmes sur lui..."
La jeune femme s'habilla en quatrième vitesse et avant de sortir, elle se saisit de son épée. Dévalant les escaliers du palais et les rues de la capitale pour savoir ce qu'il faisait paumée au milieu de la plaine ce cher garçon. Le pont - levis s'abaissa pour la laisser passer, Murtagh n'était qu'à une cinquantaine de mètres de là, derrière lui, la forêt de l'Ouest.
- Vous courrez vite, Mancinia. Allons reprenez votre souffle !
- Tu repars déjà ?
- Non.
- Mais alors ?
- En faite, ma mission consiste à vous ramenez à Ûru'baen pour que vous entraîniez les soldats du Roi.
- Quoi ?! Mais il est fou ?! Je ne quitterai pas mon pays pour lui !
- C'est ta dernière réponse ?
- Espèce de...
Sa voix mourut, un cri lui força à se plaquer les mais sur les oreilles. Masquant le soleil, une ombre gigantesque, rouge comme le sang. Quand aux cris venant de la foret, une centaine de soldat de l'Empire immergeait de ses entrailles sombres. Mancinia recula et serra les dents, pointant de son doigt accusateur Murtagh :
- Vous m'avez trompée !
- Vous n'aviez qu'à obéir !
- Quand un ordre est aberrant vous devez désobéir !
Mais Murtagh ne fit pas un geste pour arrêter ses hommes et Mancinia aucun pour avertir les siens. Elle cracha sur son visage avant de se mettre à courir dans le sens inverse :
- Debout ! On nous attaque !
Deux soldats sur la muraille ordonnèrent aux autres de remonter le pont mais Mancinia n'y serai pas à temps !
- Général ! cria une femme.
- Remontez - le, ne vous occupez pas de moi ! Nidhögg* !!!
Ce nom résonna dans toute la plaine, ce répercutant sur les parois de la cité. Réveillant Seth, faisant frissonner Fye et effraya les villageois. Les soldats de Galbatorix, amasser derrière Murtagh et son dragon tremblaient, quel nom ! Quel genre d'homme pouvait porter un tel nom ?
- Général ! dit le soldat tremblotant à Murtagh en pointant son doigt vers la mer. Regarder !
Une sorte de disque fait de flamme flambait les vagues de l'océan tandis qu'une forme noire jaillissait de ses entrailles. Une fumée étrange fonça à une vitesse surnaturelle vers le ciel avant de ce laisser tomber en arrière, les flammes se dissipèrent et une masse informe se mit à voler dans leur direction. Murtagh blêmit. Un dragon. Un dragon rouge couvert de lignes bleues le parcourant de la queue à la tête, des yeux d'argent et un rugissement grave qui fit voler en éclat les vitres de la cité. Ce dernier ce posa derrière Mancinia, arrêter à quelques pas de sa cité :
- Ca suffit ! hurla - t - elle. Je ne veux pas de guerre aux portes de cette ville ! J'aimerai que vous fassiez demi - tour sur le champ ! ...Je me plierai aux ordres du Roi !
- Mancy ! cria Fye.
- ...Mais qu'il épargne ce pays !

- Tu ne veux pas changer d'avis ?
- Nan. Mais je pense que le Surda sera mon prochain objectif et la mort d'Eragon.
Fye poussa un soupir tout en mettant une selle au cheval noir de Mancinia.
- Tu as envoyer un espion chez les Surdans ? demanda le jeune homme avec une voix sérieuse.
- J'ai envoyer Kristen, répondit Mancinia.
Fye eut un frisson imaginant la foudre qu'était Kristen s'abattre sur lui. Il avait le souffle couper mais essayait de se maîtriser tandis que Mancinia fixait l'horizon sans l'apercevoir.
- Ce que cherche Arianna est la soumission totale de ce monde Contraire. Comme je suis la seule responsable de ça, s'est à moi de régler cela. Mais je ne suis qu'une égoïste pour vous forcer à m'aider.
La jeune femme baisa la tête, essayant de ruminer ses remords et ses peines. Fye passa ses mains autour de sa taille en profitant pour mettre son menton dans le creux du cou de la jeune femme. Une larme perla sur sa joue.
- N'oublie pas, murmura Fye. Nous te suivrons dans les entrailles de l'Occultation**, que ce soit cette fois ou la prochaine.
Mancinia hocha la tête tout en ce dégageant doucement de son étreinte.
- Merci, cela me rassure d'avoir une telle conviction parmi vous. Cela me fait penser que je dois te donner ça...
La jeune femme passa ses mains dans son cou et sembla détacher une chose invisible, une chose apparu au creux de sa main : Une bague en or sertit d'opale. Fye resta ahuri et Mancinia détourna le regard, ce forçant à ne pas regarder cet objet une dernière fois.
- Ton alliance ? dit Fye en se saisissant de ses épaules. Pourquoi ?
- Si je ne reviens pas, garde là et mène les armées vers le Dernier Moment à ma place.
Fye resta surpris devant son regard déterminé fini par sourire et hocha la tête positivement en pensant qu'elle avait raison, ensuite il tendit sa main et Mancinia posa la bague dans sa paume. Fye referma sa main dessus et la porte sur son corps comme un serment secret, Mancinia posa son épée sur son dos et partit au loin en compagnie des armées d'Alagaësia.
- Tu n'es pas seule..., dit Fye. Et il va falloir t'y faire. C'est ta malédiction et la nôtre !
- Je sais pauvre crétin ! dit Mancinia dont les mots étaient portés par le vent.

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Eragon était adossé à un arbre, la tête en arrière. Il regardait le ciel d'un air perdu et malheureux, les clameurs de la fête donnée pour la victoire des Vardens lui parvenaient de manière sourde. Il s'était volontairement éloigné du centre de Cithri, mal à l'aise face à cette joie. Ca n'était qu'une bataille et non la guerre qu'ils avaient gagnés et la victoire avait un goût trop amer pour que jeune homme puisse l'apprécier : La mort de Horthgart, les pertes humaines élevées et surtout Murtagh...Eragon était perdu. Il ne savait plus trop quoi penser. La veille, il avait tenu tête à Roran pour lui faire comprendre que quelque soit la vérité sur ses origines, il se considérait comme le fils de Garrow. Mais maintenant, il n'en était plus si sûr. Le jeune homme aurait préféré rester dans l'ignorance.

Il était le frère de Murtagh. Il était le fils de Morzan.

Eragon s'était souvent demandé quel genre d'homme était son père pour que sa mère éprouve le besoin de l'abandonner, de le cacher. Mais maintenant il savait, et pire, il comprenait. Tout ce que sa mère avait fait pour l'épargner, pour lui éviter ce que Murtagh avait vécu et allait vivre. Il frissonna en se souvenant de cette hantise que Murtagh avait vis - à - vis de son père. De leur père. Il grimaça et se redressa du banc blanc sur lequel il était assit près des jardins. Mais l'odeur. Cette odeur pestilentielle de mort, de sang. Elle était partout, dans l'air, dans l'eau et dans la terre et surtout sur lui. Eragon regarda ses mains, elles étaient blanches et propres mais il pouvait voir le sang de ses victimes. Il y avait eut tellement de morts il y a une semaine. Les soldats qui se battaient pour ce qui avait été autrefois son chez lui, l'Alagaësia, étaient pour la plupart des mobilisés, des gens qui n'avait fait que leur devoir vis - à - vis de leur Empire. Ils ne faisaient qu'obéir aux ordres de leur Roi. Et Eragon les avait massacrés, après qu'Angela les avait empoisonnés. Des hommes juste coupables d'avoir défendu leur Empire, d'avoir obéi aux lois qui avait bercé leur vie. Le jeune homme eut un haut le coeur et se pencha pour cracher de la bile. Il ressentait toutes ces âmes qui venaient de mourir et qui l'accusaient, le traitaient d'assassin. Il vit les images de la bataille défiler devant sous ses yeux et il vit les corps s'amonceler sur les terres arides. Ces hommes pris au piège entre son épée et les crocs de sa dragonne. Il voyait l'expression d'horreur sur leur visage. Un massacre. Voilà ce qu'il avait fait et ce à quoi il avait participé. Ces hommes n'avaient eu aucune chance. A cause de lui ! Eragon se sentait l'âme d'un monstre. Les Vardens et les Surdans le portaient aux nues, mais la question se posait. En quoi était - il différent d'un monstre ? Parce qu'il se battait pour une noble cause ? Encore un point sur lequel Murtagh avait sûrement raison. Se révolter contre un despote, très bien mais pour le remplacer par quoi ? En quoi était - il différent de Murtagh ? Son ancien ami se battait à présent à présent pour des idéaux dans lesquels il croyait. Eragon, lui, n'était plus sûr de quoi que ce soit. A part une chose, il avait tué. Comme son père, comme son frère et il se sentait mal pour ça. Il avait l'impression que tout le monde l'avait regardé comme s'il était une abomination. Les Vardens l'acclamaient mais ils l'évitaient aussi, il leur faisait peur. Tout le monde l'avait vu se battre, faire de la magie, tout le monde avait vu le carnage qu'il avait causer avec Saphira. Ils le regardaient avec peur et admiration et ils ne savaient même par le quart de l'histoire...Car hormis lui, Arya, Saphira, Roran et Nasuada, personne ne savait que Murtagh était son frère. Et pour deviner la réaction qu'ils auraient, il suffisait de voir celle qu'avait eut Roran. Son presque frère, son cousin qui l'avait évité toute la journée, qui l'avait regardé dégoûté comme si il était le pire déchet de ce monde. Qui refusait de l'accepter. Eragon n'osait même pas penser à ce qu'airait donné la nouvelle même si elle avait été officielle. Le jeune homme avait envie d'attraper son cousin, de le forcer à le regarder dans les yeux et de lui crier son désespoir au visage. Mais ce n'était pas une bonne idée. Roran était campé sur ses positions et ne changerai sans doute pas d'avis avant leur retour de Dras - Leona pour sauver Katrina, encore fallait - il que Nasuada donne son accord. Eragon se souvint des mots qu'il avait dit à Murtagh, il avait été cruel, ignoble et injuste. Encore plus que Murtagh ne l'avait été avec lui. Il ne desservait pas son statut de héro. Il en était désolé vis - à - vis de son grand frère. Grand frère. Il l'avait dit. Il avait déjà retourné le concept plusieurs fois dans la tête sans réussir à s'y faire. Et là, l'évidence s'était imposée d'elle - même. Eragon fut pris d'une nouvelle nausée, encore de la bile. Il n'avait pas mangé depuis la veille et son estomac était devenu très sensible à ces sautes d'humeur. Puis, Eragon éclata en sanglots. Il n'en pouvait plus. C'était trop lourd et il ne pouvait pas en supporter d'avantage. Mais quelqu'un le tira de son mal - être. Une forme se dessina devant lui, une jeune femme qui devait avoir la vingtaine, un visage fin ainsi qu'un air qui lui fit dresser les cheveux sur la tête. L'inconnue avait de longs cheveux blonds ainsi que des yeux marron qui reflétait sa vive intelligence et une sorte de passion inconnue. Une beauté rare ainsi qu'un sourire qui aurait fait plier n'importe quels hommes, même Eragon. Ce dernier recula d'un pas, méfiant :
- Qui êtes - vous ? Répondez !
La jeune femme lui fit un sourire glaçant :
- Je suis Kristen.

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* Nidhögg est un dragon issu de la Mythologie Nordique.
** Terme dans le manga Berserk de Keitarô Miura publié aux éditions Glénat.
Héritage des Anciens
# Posté le vendredi 19 septembre 2008 15:43
Modifié le dimanche 28 décembre 2008 12:58

Héritage des Anciens

Chapitre 2 : Urû'Baen

Mancinia avançait sur les vastes plaines vierges avec une centaine d'homme derrière elle. Quand à elle s'était juste derrière Murtagh qu'elle se trouvait. La jeune femme ne bougeait plus, c'était à peine si elle respirait, contrôlant les moindres mouvements de son et cette irrépressible envie de se débattre, de crier et de s'enfuir très loin. Si elle partait, tous les malheurs de ce monde disparaîtraient. Sauf un. Où une, puisqu'Arianna était ici. Mancinia gardait néanmoins son calme, entraînée par des années de solitudes et de souffrances mentales, elle avait appris à se contrôler, à ne rien laisser transparaître, à maîtriser ses désirs et ses envies. Dans cet endroit, pour rester en vie, il fallait être alerte chaque seconde et ne jamais s'endormir. Mais malgré toute cette expérience, Mancinia avait peur. Si jamais Fye ne l'avait pas secourue aux abords d'Ecerg, rien de tout cela ne serait arrivé. Où peut - être qu'elle était tout simplement maudite ? Et que quelque soit son choix, elle était vouée à vivre cette existence de cauchemar permanent.
- Ne me regarde pas comme ça..., dit - elle en baisant la tête.
Murtagh avait tourné la tête pour la regarder de ses yeux gris afin voir son humeur actuelle. Mais la jeune femme ne voulait pas lui parler, non pas parce qu'elle ne l'aimait pas mais parce qu'elle était cruellement mal, la pleine lune était proche. Murtagh soupira en se mettant à sa hauteur :
- Tu es Dragonnière toi aussi ?
Mancinia lui jeta un regard :
- Non, Nidhögg est un dragon sauvage qui m'aide en cas de problème.
Ce fût à son tour de soupirer :
- Inutile de me dire que le Roi Galbatorix va m'arracher les yeux quand il va l'apprendre, pas vrai ? Nidhögg vient dès que j'ai réellement besoin de lui, il ne réagit pas à certaines situations. Je suppose que tu ne me crois pas ?
Mancinia enleva son gantelet et montra sa paume droite à Murtagh, aucune marque ne trahissait son appartenance aux Dragonniers, puis elle répéta son geste avec son autre main, mais rien non plus de ce côté là.
- A - t - il un maître au moins ? questionna Murtagh. Tu me dis qu'il est sauvage mais je me demande à quel point.
- Ah ça, répondit Mancinia. Je le sais et je l'ignore en même temps et puis ce n'est pas à toi que je le dirai.
Un ombre passa sur le visage de son interlocuteur :
- Je sais que je ne suis pas digne de confiance.
Mancinia écarquilla les yeux :
- Mais non ! C'est juste que si je te le dit...Je vais me faire tirer les oreilles par un vieil ami en route pour Urû'baen lui aussi.
Murtagh la regarda d'un oeil triste, Mancinia se renfrogna :
- Quoi ? fit - elle. Si tu veux que je forme en premier les trois cents hommes de la capitale je suis obliger de faire appel à lui, qui plus est, quand tu le verras, tu en restera coi. Guts* est tellement impressionnant !
- Un ami d'enfance ? demanda Murtagh dans un murmure.
- Je le connais depuis mes neuf ans. Il est mon frère d'armes autant que l'ai Fye, même si aucun lien de sang ne nous unis.
- Moi aussi j'avais un frère.
Sa réponse était presque un murmure. Une bourrasque de vent se leva à se moment là. Mancinia lui laissa le temps de se remémorer le passé sans le brusquer.
- D'accord, dit - elle. Qu'elle était son nom ?
- Eragon.
Mancinia fit mine de rester foudroyer une seconde :
- C'est une plaisanterie ?! demanda - t - elle.
- Non, c'est fait exprès.
Mancinia ne put s'empêcher de sourire. Appeler son fils Eragon était un sérieux pied de nez aux règles imposées par Galbatorix. Mancinia constata que le vent ce faisait de plus en plus insistant, la faisant frissonner tout en la mettant en garde sur les dangers à venir. Mais des bruits de pas la tirèrent de sa rêverie.
- Général Murtagh ! fit un soldat. Une tempête semble venir du nord.
- Ce n'est pas une tempête mais un avertissement, répondit Mancinia. Rien ne nous touchera cette nuit.
Murtagh lui jeta un coup d'oeil :
- Je ne veus pas prendre de risque, nous serons à Urû'baen dès demain mais pour l'instant reposons - nous. Installer le camp, sergent.
Le soldat lui fit un salut militaire et s'en alla à grande enjamber.

- Vous avez de très grandes responsabilités pour de si jeunes épaules, dit Murtagh. Je sais que vous êtes une formidable guerrière et une vous ne le pouvez pas dévoiler tout votre potentiel étant une femme de la noblesse.
Mancinia ricana :
- C'est ce que tu crois ? Et arrête de me tutoyer !
Le ciel était devenu pourpre quand Murtagh était enfin venu à sa rencontre après avoir superviser l'installation du campement et posté des sentinelles. Mancinia l'avait vu dépassé les tentes et les brasiers des cuisiniers pour la trouver devant un feu modeste. La jeune femme était assise dans l'herbe verte, le bas de sa cape lui servant de couverture pour se réchauffer aussi l'avait - elle inviter à discuter avec elle.
- Moi ce que j'en dis c'est que tu es une femme.
- Ah ça oui, je suis une femme ! Mais rien ne m'empêche non plus de coller un coup de pied bien sentit sur le cul d'un noble irrespectueux. Et puis, les femmes ont autant droit que les hommes de faire la guerre pour défendre sa mère patrie...Ô T.T que je ne regrette point la terre lointaine de mes ancêtres.
Murtagh éclata de rire en mettant sa main devant sa bouche :
- Tu es vraiment une noble, toi ?
Mancinia lui fit un clin d'oeil :
- Pas le moins du monde, Murtagh. Le titre de "Princesse" ne me vient que grâce à mon talent de guerrière, les Celtibères sont composés de membres des deux sexes. Quoique je n'aime pas le nom Celtibères...
- Pourquoi ? questionna le jeune homme. Celtia est le pays des guerriers Celtibères, ça sonne juste, non ?
- En effet, mais le mot Spartiates conviendrait mieux à mon peuple.
- "Spartiates" ? Il est violent ce nom, il me donne des sueurs froides...
La jeune femme éclata de rire à son tour.
- Je jamais douter de la puissance d'une armée autant que la persuasion et la pression de ces dirigeants.
- Seth, Fye et toi ?
- Exact. Mais je ne suis pas toute seule à gérer les territoires, Guts est avec moi ainsi que bons nombres de mes amis, tu seras étonné de la force d'Ecerg un jour...
Murtagh resta surpris par sa réponse quelque peu surprenante.
- Qu'est ce que tu veux dire ? demanda - t - il.
- Allez, dit Mancinia en se redressant. Je vais me coucher moi. Demain, je dois être en forme !
La jeune femme s'étendit en levant un bras vers le ciel puis se dirigea vers sa tente d'un pas faussement chancelant car Murtagh devinait bien qu'elle n'était guère fatiguée mais plutôt qu'il avait posé une question gênante. Quoi qu'il en soit il l'interpella :
- Mancinia !
- Hum... ? demanda la jeune femme en tourna la tête avec un oeil clos.
- Merci..., souffla Murtagh.
La jeune femme sourit en reprenant son chemin :
- Je ne voix pas de quoi tu parles...
Murtagh resta seul en fixant les flammes qui se refléta sur son visage sombre. Si ont y regardait bien, seul Mancinia lui avait adresser la parole de la soirée. Parce qu'il était un Parjure et qu'un homme de son espèce ne pouvait qu'être haït par les siens et encore plus par ses ennemis. Eragon le haïssait et peut - être même Mancinia le détesterais dans peux de temps...

Murtagh écarta la branche qui lui cachait la vue et fixa Urû'baen. Ils pénétrèrent dans la capitale assez rapidement alors que le soleil n'était même pas encore levé, pourtant, la cité était déjà animée de bazars en tout genre. Certains hommes se lançaient dans des plaisanteries alors que l'odeur du charbon de bois incandescent se répandit près du palais. Habituée à la lumière du palais ou elle avait passée ses six derniers mois, Urû'baen semblait glacial aux yeux de Mancinia. La guerre contre le peuple rebelle des Surdans et Vardens se sentait...Le palais était un grand édifice de pierres noirs, formant un ensemble lugubre. Il était entouré de douve et le seul moyen d'y accéder était de traverser le pont - levis fait de bois massifs en plusieurs étages. Il y avait de nombreux gardes, avant, sur et après. Vêtu de noir et de rouge sans vraiment une posture adéquate pour des soldats, Mancinia attendrai Guts pour les reprendre en main. Alors que les soldats qui les accompagnaient rentraient dans les casernes répartit dans la capitale, Murtagh rentra avec Mancinia dans le palais. Les couleurs étaient glacées comme si ils cachaient des peurs et des douleurs sans noms, pareils à ce qu'elle avait vécu faisant resurgir ses terribles souvenirs. Mancinia frissonna et se rapprocha involontairement de Murtagh qui jeta un coup d'oeil en arrière, surpris. La jeune femme n'aimait pas se château, quelque chose la perturbait grandement d'ailleurs. Ne sachant pas trop quoi. Deux portes de bois massifs marquaient l'entrée de la salle du trône, Mancinia ressentait une présence vaguement familière mais balaya ses illusions : l'homme à l'intérieur était Roi, Dragonnier et âgé d'une bonne centaine d'année. Mais la description s'en rapprochait pour l'autre aussi. Mais le regard de Mancinia fut attirer par les deux gardes vêtus de leur armures, leurs lances pointer vers le ciel et d'un regard aussi sérieux que le pape. Celui de gauche avait la peau matte, d'étranges cheveux tresser de nattes brunes ainsi que des yeux bruns foncés, une forte carrure léguer par sa tache de guerrier. Celui de droite était plus mince et moins aussi baraquer mais gardait une assez belle musculature, des cheveux noirs de jais qui dépassait de son casque et des yeux bruns également reflétant son sérieux de militaire mais l'humour débile qu'il pouvait avoir. Tous deux avaient la trentaine. Ces deux là, Mancinia les connaissaient. Murtagh avança dans un couloir menant directement au trône, il ne vit pas Mancinia s'arrêter et se retourner, les deux hommes la regardèrent d'un air amusé :
- Excellent ! souffla Mancinia avec un large sourire.
La jeune femme rattrapa néanmoins son compagnon rapidement. Les deux hommes se regardèrent avant de reprendre leur position normale :
- Elle ne changera jamais celle - là !
Mancinia venait de voir ses doutes confirmés, dû moins en partie, il ne restait plus qu'une chose à vérifier. Mais elle était certaine que ce qui l'attendait derrière cette porte n'était pas ce à quoi elle pensait. Murtagh se retourna vers elle :
- Avant d'entrer, déclara t - il. Je tiens à te remercier, la plupart des soldats refusent de me côtoyer. Je sais que je suis un Parjure mais notre discutions d'hier m'a plus.
- Tu n'es pas obliger d'être Parjure, sauf si tu tiens à protéger ton frère.
Murtagh la regarda et lui sourit pour la première fois avec sincérité. Mancinia lui posa la main sur l'épaule et ils poussèrent les deux dernières portes. Mancinia observa quelques instants les parois décorées de tapisseries et d'immenses portraits brodés. Les visages représentés paraissaient graves, solennels et totalement inconnus. De grands vitraux laissaient passer une lumière diffuse, éclairant les grandes marches des deux escaliers, l'un à gauche et l'un à droite menant vers le haut, dans les appartements privés du Roi. Au milieu des deux ce dessinait le trône et son infâme maître. La salle était faite également pour des réceptions vu l'immensité de sa taille. Mais Mancinia resta coi devant le Roi, il avait cent ans ?! Impossible ! Ce n'était pas lui quand même ! Ah, les requins qu'ils étaient ! Galbatorix n'était pas le vieux croûton qu'elle s'était imaginer : des cheveux bruns soyeux et soigneusement peigner, des yeux verts émeraudes très froids et l'apparence d'un homme de vingt ans, comme si il avait le même âge qu'elle et Murtagh. Vingt - trois ans et non seize comme le pensait les gens d'Ecerg, mais qu'importe l'âge, seul la vengeance comptait dans le temps. Le Roi Galbatorix se leva de son trône de marbre noir représentant un dragon aux yeux semblable aux siens, s'avançant vers eux d'un pas régulier tandis que sa carpe voltigeait derrière lui. Il regardait Murtagh avec du mépris dans le regard et un rictus mauvais s'emparant de son visage puis attrapa violemment le col du jeune homme pour lui faire tourner la tête, l'obligeant à le fixer de les yeux. Le Roi lança ensuite un regard à Mancinia et lâcha brutalement Murtagh tout en reportant son attention sur Mancinia avec une pointe de sadisme :
- Serai - tu enfin apte à m'écouter si je la torture elle ?
Mancinia ne cilla pas, ne préférant pas attirer des ennuis pour son ami.
"Ne dis rien, il ne me fera..."
- Ne lui faite rien ! dit Murtagh. Elle à accepter de me suivre pour former les nôtres.
Galbatorix se retourna sur lui, d'un geste il propulsa Murtagh contre le mur. La tête du jeune homme percuta violemment la pierre et du sang coula sur son visage, ses yeux se voilèrent et il tomba presque inconscient sur le sol rependant une flaque du liquide écarlate, au loin, un rugissement rauque retentit. Mancinia regardait le Roi avec colère mais n'osa pas fixer Murtagh, les yeux émeraudes se posèrent sur elle.
- Tu ne tiens pas à ton ami ? questionna - t - il.
- Il à tenu parole, n'est - ce pas ? répliqua Mancinia. Je formerais vos cent milles hommes en trois mois, toujours mieux que mon armée.
Le Roi ricana :
- Tu ne veux pas de compensation ?
Mancinia secoua négativement la tête, préférant ce réserver ce droit à plus tard. Un éclat amusé brilla dans les yeux de Galbatorix aussi la congédia - t - elle sans autre forme de politesse :
- Formez mon armée, Général. Et je laisserai peut - être votre pays entier après la guerre !
"T'abuses Hermès !" pensa Mancinia dans une grimace.
- Très bien, Majesté, dit Mancinia en s'inclinant.
- J'organise une magnifique réception pour votre arrivée, ce soir, dit - il en lui tournant le dos. J'espère que vous me ferez l'effort d'êtres présents !
Ce n'était pas une proposition mais un ordre, Mancinia l'ignora et tourna les talons pour allez près de Murtagh d'un pas accélérer car le jeune homme était à moitié agonisant. La jeune femme lui saisit les deux bras et le releva, le pauvre allait se révéler avec un mal de tête horrible. Mancinia passa ensuite un bras du jeune homme sur son cou pour le soulever et le diriger même si s'était plus pour le traîner qu'autre chose.
"Mince ! pensa Mancinia. Je dois allez où, moi ?"
Murtagh ouvrit un oeil puis l'autre essayant de se faire aux lumières des couloirs. Il jeta un coup d'oeil à Mancinia qui lui lança un sourire :
- Pardon, dit la jeune femme. Si j'avais réagis, il t'aurait fais plus de mal et ça aurais été encore pire.
- J'ai l'habitude, ne t'inquiètes pas.
Ils se fixèrent quelques instants, chacun avec ses peines et ses malheurs se reflétant dans leurs yeux propres. Mancinia détourna la première le regard :
- Euh...Par où je dois aller ?
- Laisse - moi marcher je te l'indiquerai.
- Tu es mal en point, laisses - moi au moins te guider !
Murtagh lui lança un regard qui signifiait clairement qu'il camperait sur ses positions.
- Très bien, soupira la jeune femme.
Elle relâcha la pression qu'elle avait sur son bras et Murtagh essaya tant bien que mal à bien marcher pour la conduire à sa chambre, celle que Galbatorix réservait à ses meilleurs invités. Murtagh ouvrit lui même la porte, ce qui fit penser à Mancinia qu'il en faisait sans doute un peu trop. Le soleil du printemps semblait napper la chambre d'une coulée d'or et répandait déjà une chaleur propre. Son appartement était spacieux et frais. Il y avait des décorations d'argent, d'ambre turquoise et bleu, ainsi que du jade. Un luxe modeste pour une princesse, un luxe tout court pour Mancinia. C'était simple et reposant, pour elle, pas besoin de froufrous. Le lit ce trouvait au milieu de la pièce en plus d'un bureau de bois et une chaise. Murtagh resta là en posant sa main sur son front pour enlever le sang qui coulait encore. Mancinia lui attrapa le bras :
- Allez, je vais te soigner !
Murtagh secoua la tête :
- C'est vraiment inutile !
- Allez !
Mais Murtagh dégagea son bras violemment la faisant reculer de plusieurs pas tant cela l'avait déstabilisée :
- Fou moi la paix ! dit Murtagh.
Ce dernier tourna les talons et partit en claquant méchamment la porte. Mancinia resta planté là :
"J'ai bien vu des larmes ? ..."

Mancinia fixait les nuages noirs et menaçants qui grondaient au lointain, le vent frais lui fouetta le visage. Un orage se préparait, la guerre aussi. Tout semblait incertain et la peur lui nouait le ventre, une peur qu'elle n'avait jamais connue. Mancinia posa la main sur sa dague pour s'assurer qu'elle était bien là, prête à la défendre. Derrière elle, les servantes vaquaient à leurs tâches quotidiennes dans la joie et la bonne humeur. Mais l'habituelle humeur joyeuse que Mancinia abordait l'avait quelque peu quittée aujourd'hui, son bref sommeil avait été relativement troublé par des rêves sinistres et elle s'était levée avec peine alors qu'elle aurait pût continuer à dormir. La jeune femme s'était préparer pour la réception mais elle ne pût s'empêcher de soupirer avant d'entonner une douce mélodie. L'orage était presque sur eux.

Sur l'air.
Hissons nos couleurs.
Hisse et ho !
L'âme des Spartiates,
Jamais ne mourra.


Murtagh trouva bien plus tard le fait qu'il s'était montré dur avec la jeune femme, aussi il essaya vainement de trouvé les mots pour s'excuser. Devant sa porte, il resta quelques minutes sans oser frapper. Mais bon, peut - être que les excuses viendrait d'elle - mêmes aussi frappa - t - il timidement contre la porte. Cette dernière s'ouvrit rapidement :
- Wah ! Mancinia, tu... !
Murtagh reçu ça comme un choc, il était bouché bée, reluquant la jeune femme de haut en bas, se demandant si c'était la même femme qu'il observait. Mancinia était troquer son armure et s'était vêtue d'une magnifique robe noire à pavament, bordée d'argent créant des motifs compliqués. Son corset noir foncé était serré et mettait en valeur la belle poitrine rebondie de la jeune femme. Sa fine taille était accentuée par les couleurs et la façon de se tenir de Mancinia. Ses épaules comme ses bras était découverts. Il fallu un temps pour que Murtagh remette les pieds sur terre, il murmura :
- Je...
- Ah, tu es venu me cherchez ? demanda - t - elle.
- Euh...Je suis venu m'excusez pour tout à l'heure !
Il s'était incliné et Mancinia pencha sa tête sur le côté avant de mettre la main sur son épaule, Murtagh se redressa et la fixa dans les yeux. Mancinia rit :
- Inutile, les sautes d'humeurs arrivent à tout le monde ! Moi la première...Ah, tu me fais penser que...
"Bien que ce soit une sorte de princesse, pensa Murtagh. Mancinia est dépourvue de l'attitude hautaine commune chez les gens de la noblesse. Elle est si gentille et agréable que même moi je la trouve sympathique..."
- ...Tu es avec moi ?
Murtagh fut ramené dans sa chambre :
- Mais oui, mais oui...
Une pluie lourde et pénétrante dégringolait sur les toits et la cour du palais. Une pluie qui pénétrait brutalement et qui éclaboussait le sol, les bassins et les fontaines dans un tintement musical. Son souffle humide et frais caressait le visage de Mancinia quand elle traversa le couleur en compagnie de Murtagh vêtu de rouge pourpre.
- Tu me présenteras ton dragon ?
- Si tu veux, répondit Murtagh. Thorn est friand des jeunes filles...
- Ha ha ! Très drôle. Au fait...Ta blessure va mieux ?
Murtagh posa instinctivement sa main sur la blessure qu'il avait guérit en quelques secondes.
- Le Roi n'est pas tendre, mais il s'est visiblement retenu devant toi. J'ai une dette envers toi...
Il hésita avant de poursuivre :
- J'ai été obliger de le suivre. Mon frère peut me battre mais Eragon n'est pas encore prêt pour combattre le Roi...Je me fiche de mourir si lui survit. Même si je dois être enchaîner dans une cellule pour le restant de ma vie. Je sers le Roi même si il peut me tuer au moindre geste.
- Moi aussi je suis enchaîné à une cellule sombre et humide, souffla la jeune femme. Tu ne dois pas t'inquiéter pour ton frère. Tu verras, tout ce passera bien.
- Nous devrions aller au bal, déclara Murtagh préférant éviter de poursuivre.
Le jeune homme avait jugé qu'il en avait trop dit à cette femme qu'il ne connaissait que depuis trois jours, mais elle était tellement compréhensible. Devant les grandes portes de bois massifs, Mancinia resta presque collé à Murtagh qui sourit, le soldat ouvrit la porte et un grand brouhaha retentit aux oreilles des jeunes gens. Les hommes étaient dans un coin et discutaient politique, affaires et stratagème de guerre contre les Vardens. Les femmes rigolaient entre elles. Mancinia autant que Murtagh les trouvaient ridicules avec leur maquillage voyant et leur grosse robe. La jeune femme se retint de soupirer d'exaspération et resta près de Murtagh, ils se mirent bien à l'écart. Puis le brouhaha cessa un instant, Murtagh et Mancinia en comprirent la raison tout de suite...Ce fut un choc pour la jeune femme dont les yeux se tintèrent de noirceur.

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Le soleil se levait dans une belle couleur rosée. La nature se réveillait lentement, comme tous les jours. Cependant, quelque chose venait troubler ce fonctionnement quotidien. Quelque chose que même les plus petites bêtes sentaient. La poussière du sol volait vers des terres lointaines, sentant la menace grandir et arriver à grand pas. Les oiseaux volaient vers le sud, bien loin du pays, c'était bien étrange en plein été. Un calme inhabituel régnait sur la grande plaine où chantaient normalement les cigales et gambadaient les cerfs. Puis soudain, la cause de cette atmosphère pesante fut dévoilée. Au loin, on pouvait entendre les pas d'une armée effrayante, cruelle. Des armes aiguisées, au côté froid et cassant prenaient vie dans les mains charnues de leur maître démoniaque. La plaine silencieuse attendait avec angoisse que cette armée l'est dépassée pour pouvoir reprendre une vie normale. Mais les hommes s'arrêtèrent quand un homme l'ordonna. Celui - ci avait des yeux bleus glacés, pouvant faire fuir n'importe quel guerrier, aussi valeureux fut - il. De longs cheveux blancs argentés et bouclées lui descendaient jusqu'au bas du dos, étrange pour un homme d'une vingtaine d'année. Il était vêtu d'une armure totalement blanche tels les plumes d'un faucon. Une longue épée était accrochée sur son flanc gauche. Les hommes s'activèrent a monté un camp et le chef disparut dans sa tente. Là, il retrouva deux de ses meilleurs généraux et donna ses informations :
- Hermès doit s'attendre à recevoir une attaque par ce côté ci du pays. Nous pouvons avoir les armées royales par surprise et je ne veux pas rater ce coup. J'espère m'être bien fait comprendre, ajouta - t - il d'une voix glaciale.
Les généraux déglutirent et acquiescèrent. Ils avaient tout les deux goutté une seule fois a la colère de leur maître, et souhaitaient ne jamais renouveler l'expérience...Ils sortirent promptement et le chef resta seul. Rien ne pouvait l'empêcher de prendre possession de l'Alagaësia a présent. Il avait une armée surentraînée, des pouvoirs magiques qui dépassent l'imagination de ce crétin de chef provisoire qu'est Fye, alors que pouvait - il craindre ? Rien. Cependant, il sentait quelqu'un, comme une ombre qui vient assombrir ce beau tableau. Qui était - ce ? Où était cette personne ? Il n'en savait rien, mais il devait prendre garde. Qui devait - il vraiment craindre ? Mancinia ou Arianna ? Puis il pensa que sa question était stupide aussi l'oublia - t - il.


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* Héro du manga Berserk de Keitarô Miura.

Plus d'indications dès maintenant x) J'ai beaucoup révéler avec ses annotations.
Héritage des Anciens
# Posté le vendredi 26 septembre 2008 14:09
Modifié le dimanche 28 décembre 2008 12:47

Héritage des Anciens

Chapitre 3 : Le Bal de la Capitale

Eragon se réveilla en sursaut, un livre lui avait glissé des mains et était tombé sur le sol. Le jeune Dragonnier se passa une main dans les cheveux et ramassa l'objet qui l'avait réveiller. Eragon quitta son fauteuil confortable puis s'assit a son bureau de chêne. Il feuilleta nonchalamment des papiers de stratégie de combats à la lumière d'une bougie car le jour n'était pas encore levé. Mais son regard se fit lointain. Il ne savait pourquoi mais quelque chose n'allait pas. Il ne pouvait se concentrer. Il se leva et commença à faire les cent pas, réfléchissant aux erreurs ou oublis qu'il avait put faire en résolvant un problème mais rien ne lui vint à l'esprit. Il soupira au moment où une sphère brumeuse apparut devant lui, flottant dans les airs. La nouvelle méthode de son amie Elfe Arya avait vraiment tendance à lui faire peur même si s'était un moyen sans nul doute utile pour communiquer et même si cela coûtait énormément d'énergie. La voix d'Arya s'éleva alors :
"C'est une catastrophe, Eragon ! Dépêche - toi de venir me rejoindre, Orrin et Nasuada sont présents. Nous venons d'apprendre une nouvelle très grave !"
Le visage d'Eragon s'assombrit, il prit sa cape noire et l'accrocha autour de son cou. Il sortit de la pièce et se hâta vers la salle du trône. Le jeune homme pensait à Kristen, cette jeune femme qu'il avait rencontrée trois jours plus tôt. Cela lui glaçait encore le sang de songer à elle tellement son apparence et son sourire l'avait effrayer. Eragon ne pensait vraiment que Kristen pouvait être une espionne, pourquoi ? Une bonne question à laquelle il n'avait pas de réponse. La jeune femme avait exigé de parler à Nasuada, Orrin et Arya en privé, laissant le héro des Vardens et des Surdans prendre le temps de reprendre calmement ses esprits, voilà trois jours et trois nuits qu'ils étaient tout les quatre enfermés et enfin, il avait des nouvelles. Mais pourquoi diable Arya avait ce visage affoler ? Quelle était cette terrible nouvelle ? Eragon n'eut pas le temps de ce poser plus de question qu'il se trouva devant les deux gigantesques portes de marbre de Cithri, derrière ce trouvait la salle du trône provisoire. Deux soldats poussèrent la porte et enfin il entra. La pièce était illuminée d'une belle couleur orangée du soleil levant, les tapisseries et les drapeaux étaient aux couleurs du Royaume.
- Eragon !
Le jeune homme sursauta quand Arya lui attrapa le bras pour le forcer à marcher plus vite dans la salle. Arya avait l'air épuisée ainsi que Nasuada et Orrin, affalés sur leur chaise respectives. La chef des Vardens portait une robe noir brodée d'or et le Roi ses habituels vêtements.
- Une armée de plus d'un millier d'hommes, souffla Nasuada. Venant de l'ouest du pays vient pour envahir l'Alagaësia. La situation est extrêmement grave !
Eragon resta estomaquer puis jeta un coup d'oeil à Kristen qui le regardait d'un coin de la pièce. Elle, par contre, ne semblait pas fatiguée le moins du monde. Son regard pénétrant semblait passer aux travers d'Eragon, elle le fixait et l'analysait comme Islanzadi l'avait fait à son arrivée d'Ellesméra. Kristen se leva :
- Une armée non - humaine également, dit - elle d'une voix douce. Vous ne pouvez pas lutter, laissez - là venir à vous.
- Mais vous êtes folle ?! s'exclama le Roi en ce redressant. Et nous laissez tuer aussi tant que vous y êtes ?!
Kristen lui lança un unique regard qui le fit s'asseoir quasi instantanément. Tenir le Roi en respect, elle avait des attouts cachés cette fille.
- Non, mais la femme pour qui je travaille forme actuellement une armée. Faite croire à ces hommes qui vous n'êtes au courant de rien. Et quand ils ne s'y attendront pas, Mancinia viendra avec son armée. La plus puissante qui n'est jamais foulé cette terre pourtant bien lointaine de la sienne.
Eragon l'écoutait avec une oreille attentive. Mon sang, quand tout ceci allait - il cesser ?

____________________

Murtagh se réveilla difficilement. Une lumière diffuse envahissait la pièce, indiquant que le soleil devait être déjà haut dans le ciel pour réussir à traverser les épais rideaux et les persiennes de sa chambre. Il se releva pour s'asseoir et fut prit d'un violent mal de tête. Il se laissa retomber sur le lit et passa son bras sur ses yeux. Il essaya de comprendre pourquoi il avait aussi mal à la tête et réalisa qu'il ne se souvenait plus de comment il avait atteint son lit. Il tenta de recomposer les événements de la veille sans y parvenir. Il avait faire encore quelque chose, mais quoi ? Il s'était rendu à un dîner où Galbatorix l'avait enfin introduit de manière officielle à la cour. Plusieurs femmes étaient venues lui tourner autour et l'avidité qu'il avait lue dans leurs regards l'avait dégoûté. Ces femmes qui, avant, passaient devant lui sans même le remarquer, à présent, vantaient ses mérites et lui parlaient comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde. Il avait poliment refusé leurs avances et avait passé le reste de la soirée à esquiver les discussions toute personne du sexe opposé. Il avait traîné avec une stratège militaire, une autre général de l'armée Impériale pour parler des Vardens jusqu'à l'heure du repas. Au cours du dîner, il avait dû répondre à une centaine de question plus stupides les unes que les autres, car assis à la droite de Galbatorix, il avait attiré toutes les curiosités. Le nouveau Dragonnier, le nouveau bras droit du Roi, le fils du Parjure. Il avait bu tout le long de la soirée et une fois rentré dans ses appartements, il avait encore bu. Beaucoup trop. Et il ne parvenait toujours pas à se souvenir des événements de la nuit dernière. Et pourtant, il faudrait bien. Car ça lui permettrait de trouver une excuse à ce qui se trouvait actuellement dans son lit.

Tu es comme ton père.

Murtagh pensa à son père. Ils étaient pareils. Il ne se souvenait pas de grand - chose de son père, sauf de cette passion pour l'alcool, les femmes et la violence. Adolescent, Murtagh s'était souvent posé la question sur ce qui pouvait pousser un homme séduisant, beau, aimé et fort...A se saouler jusqu'à n'en plus reconnaître sa femme et son fils. Et pour la première fois, Murtagh se dit que son père devait être bien malheureux pour se mettre minable presque chaque soir. Eragon avait raison sur ce point, il commençait sérieusement à ressembler à son père et le corps de la jeune femme qui se trouvait juste à côté de lui ne faisait que confirmer cette terrible vérité. Murtagh tendit la main pour vérifier si sa voisine dormait mais il arrêta son geste avant même d'atteindre son visage. Sa main était couverte de sang. Il se força à se relever pour avoir une meilleure vue de la situation. En fait, tout le lit était couvert du liquide écarlate. Il se leva remplit de terreur et tira le drap pour voir le visage paisible et intact de la jeune femme. Murtagh resta estomaqué :
- Mancinia ?
Mon dieu ! L'avait - il tué ? Non, quand même pas. Le jeune homme constata que les vêtements de Mancinia étaient également tâchée d'hémoglobine. Murtagh se pencha et entendit son amie respirer ce qui le rassura mais pas autant qu'il le souhaitait. Murtagh marcha rapidement jusqu'à la salle de bain pour aller vérifier son propre état dans le miroir. Il avait du sang partout sur lui, y compris sur la figure et ce n'était pas le sien. De qui alors ? De Mancinia ? Il se rinça précipitamment le visage pour faire partir cette saleté. Il regarda atterré son reflet dans le miroir. Avait - il...Fait quelque à la jeune femme ? Pourquoi ne se souvenait - il pas ?
"Ce n'est pas moi."
Ce n'était pas possible, il n'avait pas pu faire une chose pareille. Son père n'était plus là. Il ne pouvait qu'il ne souhaitait pas comme...
- Comme quoi ? souffla une voix dans son cou.
Murtagh sursauta en arrière, manquant de trébucher. Mancinia se dessinait bien devant lui, les vêtements trempés de liquide rouge, elle non plus n'avait visiblement pas prit la peine de les enlever. Murtagh se précipita vers elle, lui attrapant ses épaules nues pour la forcer à le regarder dans les yeux :
- Mancinia ! Tu vas bien ?
Puis, il ravala sa salive :
- Je ne t'ai rien fais de mal... ?
- Avoue que tu aurais aimé...Pervers.
Mancinia le regarda, les yeux plisser de suspicions et Murtagh rougit en bégayant :
- Mais ce sang...Il doit y avoir une explication...Et puis tu...Tu étais dans...Dans...
- Dans ton lit ?
Murtagh n'osa plus parler, la franchise avec laquelle elle parlait de ça semblait le déconcerté. Murtagh détourna le regard, n'essayant même pas de la regarder mais cela ne l'empêcha pas de l'entendre soupirer :
- Pourquoi tu crois que tu fais toujours le mal autour de toi ? demanda - t - elle. Que tu sois le fils d'un Parjure, que u sois à la botte du Roi, tu restes toi.
Murtagh détourna le regard vers la jeune femme, surpris de son comportement. Mais il rabaissa vite ses yeux comme un chien battu et solitaire, toujours légèrement rouge. Mancinia s'avança vers le miroir pour se regarder :
- Ce sang, il est de moi.
Murtagh jeta un coup d'oeil, elle le vit dans le reflet du miroir.
- ...Je sais.
Mancinia se regarda dans le miroir.
"Je ne suis pas capable de lui faire la morale alors que moi aussi...Non, c'est le passé. Aujourd'hui tu te bats pour eux..."
- Je suis ton amie où pas ? demanda - t - elle.
Murtagh éclata de rire :
- Comme si tu le voulais !
- Ben...Ouais.
Murtagh la regarda de dos et elle tourna légèrement la tête pour lui lancer un sourire enjôleur. Mais voyant que cela ne lui convenait pas, elle s'avança et le prit dans ses bras.
- Mancinia, dit - il gêné.
- Tu es Murtagh, pas Morzan, pas Galbatorix. Tu es toi. Et tu es quelqu'un de bien, je le sais. Je veux être ton amie parce que je sais que tu en vaux la peine.
Murtagh écarquilla les yeux tout en baisant la tête pour mettre son menton dans le creux de son cou. Murtagh ferma doucement les paupières, essayant de se retenir mais les larmes eurent raison de ses sentiments. Mancinia lui tapota le dos :
- Là, là..., dit - elle avec une pointe d'humour. Le petit sensible que tu es à raison de moi, mon ami.
- Mancinia, dit Murtagh. Tu saignes du dos... !
- Je sais, laisses ça passera.
Mais le jeune homme ne l'entendait pas de cette oreille, il la repoussa gentiment :
- Il faut te soigner, tu es blessée !
- Mais non, c'est juste une malédiction. Ne t'inquiètes pas, un jour je t'expliquerai mais pas maintenant. Je ne m'en sens pas capable, s'il te plaît.
- Très bien.
- Et toi ? questionna Mancinia. A quoi tu pensais ?

Le sang. Sur ses vêtements, sur ses mains, sur son visage et sa mère hurlant :
- Pas devant Murtagh !
Et son père qui se levait pour obliger sa mère à se taire de la seule manière qu'il maîtrisait parfaitement : en la frappant. Puis, il la jeta hors de ses appartements. Il regarda son fils qui ne bougeait pas, recroquevillé dans son coin en espérant ce faire oublier.
- Il est temps que tu deviennes un homme, fils.
Il tira Murtagh et l'amena devant l'homme allongé sur le sol.
- C'est homme est un traître, Murtagh. Tu sais ce qu'on fait aux traîtres lorsqu'ils sont capturés ? On les punit. Cet homme va mourir. Et tu sais quoi ? C'est toi qui vas lui porter le coup de grâce.
L'homme était trop mauvais état pour pouvoir se défendre. Il ne put que regarder dans les yeux ce gamin de six - sept ans. Et ce qu'il vit le surprit. Il s'attendait à voir la peur, de l'appréhension et au lieu de ça, il vit un gamin souriant et fier de lui. Fier de tenir une épée entre ses mains, fier que son père lui parle comme un père devrait parler à son fils, fier que son père s'occupe de lui et lui apprenne quelque chose, peu importe que cette chose soit de tuer.


Tuer était devenu quelque chose de naturel pour lui, tuer pour assurer sa survie, pour assurer sa place parmi les plus puissants. Tuer pour gagner. Il n'y éprouvait plus aucune culpabilité, si jamais il en avait éprouvé un jour. Il se souvenait de cette réaction aberrante d'Eragon lorsqu'il avait décapité le marchand d'esclave. Tué où être tué était pour lui quelque d'inimaginable, en cela, il faisait un bien piètre Dragonnier, heureusement que les Elfes semblaient l'avoir changé. Eragon finirait pas comprendre qu'il n'y avait rien de criminel à tuer. C'était une nécessité et cela ne servait à rien de vouloir le cacher. Mancinia se rendit compte que cet homme que l'on disait beau comme les ténèbres et dangereux comme un serpent était en réalité un homme torturé.
- Mancinia, tu devrais te changer, tu ne crois pas ?
- Ouais, c'pas faux. Mais toi aussi, le sang ne nous va pas trop.

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- ...On le saura qu'une princesse soldat c'est rare ! Je t'en prie, fait semblant d'être mon cavalier un moment. Alors, que fait - tu ? Tu me fixes depuis tout à l'heure.
- J'admire la vue.
Ce commentaire pût être interprété dans deux sens différent, Mancinia le regarda d'un air déçu.
- Si tu crois que tu es le premier à me faire ce genre d'allusions...
- C'est pas parce que je ne suis pas ivre, que je n'es pas le droit de te faire des compliments assez claires.
Murtagh fut ravi de constater qu'il avait une tête de plus qu'elle. La jeune femme préféra visiblement l'ignorer. Soudainement, un murmure s'éleva dans les airs quand un bruit de porcelaine se brisant sur le sol ce fit entendre. Une jeune servante s'excusa après d'un nombre mais ce dernier la gifla sans autre forme de procès, cette dernière vacilla sous le coup. Murtagh ne préférait pas s'en mêler mais il vit que Mancinia était vraiment en colère. La jeune femme serrait les dents et les poings dans sa robe. Murtagh en voyant ce regard incendiaire préféra prendre sa main et l'emmener à l'écart pour lui éviter des ennuis mais Mancinia se libéra facilement de son étreinte.
- Hey ! cria sa voix qui se répercuta en écho sur les murs. Vous là - bas !
Murtagh eut un sursaut et un éclat de peur brilla dans ses yeux, Mancinia venait de soulever ce noble inconnu par le col à quelques centimètres des dalles. La jeune servante, que Murtagh cru avoir déjà vu quelque part, était assise sur le sol en train de masser sa joue endolorie.
- Hum ! fit le noble, courroucé. Princesse Mancinia, je suis Samaël et je suis noble. Je vous prie de me lâcher.
- Fuck you, Samaël.
Mancinia l'avait dit sur un ton calme mais chargé d'ironie. La jeune femme avait un large sourire sur le visage puisque Samaël ne semblait pas comprendre son charabia. Samaël, de plus en plus rouge, tonna pour qui tous entendent :
- L'infériorité de votre sang s'est révélée à elle - même ! Si vous étiez noble vous me défendriez pour cette tâche irrécupérable plutôt que de défendre cette esclave !
Mancinia éclata de rire :
- Vous pensez que le fait d'être des nobles vous autorise à mépriser et à discriminer les autres ? Le bas peuple, c'est bien vous. Sinon, dites - moi ce qui fais de vous des nobles ?!
- Notre sang.
- Mauvaise réponse !
Mancinia dégaina le poignard caché dans sa botte, celui que lui avait offert Fye. La jeune femme retourna l'arme et entailla la joue de Samaël dont les goûtes de sang tâchèrent le sol puis Mancinia retourna l'arme de son côté, la lame se retourna en dessus de sa paume. Puis elle appuya avec la volonté de se blesser. Sa main mutilé dégoulinait de liquide.
- Nous avons le même sang, dit Mancinia d'une voix glaciale. Vous n'êtes pas un noble mais un déchet de l'humanité.
Derrière son dos, les femmes caquetaient et les hommes piaillaient de mécontentement. Puis, un applaudissement les fit tous taire. Galbatorix avait un sourire sadique sur le visage.
- Hé bien, quelle poigne, général Mancinia. Mais je vous prierai de le relâcher.
- A vos ordres, mon Seigneur.
La jeune femme le lâcha et Samaël manqua de tomber à la renverse. Galbatorix avait un sourire qui lui prenait la moitié du visage :
- Dame Mancinia, puis - je vous parlé ?
- Bien sûr, Majesté.
Murtagh regarda la jeune femme s'éloigner avec un peu d'appréhension. Les deux personnes sortirent sur la terrasse, les étoiles étant leur lumière pour les éclairer, le Roi et la guerrière semblait plus complice qu'au premier coup d'oeil. Mancinia soupira.
- Tu as l'air en forme, Mancinia, dit Galbatorix.
- Vous pouvez me dire ce que vous fichez ici ? Je vous croyais en train de repousser...
Mais il ne la laissa pas finir sa phrase qu'il posa un doigt sur sa bouche. Mancinia fronça les sourcils préférant l'écouter pour ne pas trop prolonger cette conversation dans cet endroit si peu protéger.
- Arianna veut te tuer mais je ne t'apprends rien. Ces armées sont en train d'avancer par ici et mes pouvoirs sont trop faibles pour les repousser, alors que dois - je faire, ô Guerrièra ?
Mancinia sourit :
- Un projet insensé qui aura des conséquences catastrophiques pour tout le monde en Alagaësia s'il va de travers.
Mancinia tourna les talons sous le regard ébahi du Roi. Voyant sa silhouette partir et se fondre dans la masse compact des invités :
- Mancinia, tu ne te rends pas compte. Si tu le libères, ce pays et les tiens ne seront plus que poussière dans le néant...
Héritage des Anciens
# Posté le vendredi 03 octobre 2008 15:24
Modifié le dimanche 28 décembre 2008 12:46

Héritage des Anciens

Chapitre 4 : Le Guerrier Noir

Murtagh regardait Mancinia revenir vers lui d'un pas étrangement assuré. Le vent faisait danser les mèches de son chignon, vu sous cet angle, la jeune femme semblait bien mystérieuse et hors d'atteinte pour le commun des mortels. Des rumeurs disaient qu'elle était âgé de seize ans mais elle - même s'était contre dite en disant qu'elle dépassait la vingtaine. Murtagh croyait ses paroles plus que ses racontars. Mancinia était à présent à sa hauteur et le fixait d'un regard mielleux, le jeune homme déglutit :
- Dis, commença - t - il. Tantôt...Tu as parlé d'Apôtres, c'est quoi ?
Mancinia fronça les sourcils, Murtagh secoua la tête :
- Si tu ne veux pas en parler, fait comme tu le sens.
Mancinia prit sa manche et posa sa tête contre son torse, Murtagh leva sa tête vers le lustre de cristal attaché au plafond comme si il rêvait :
- Merci, souffla Mancinia. Je te promets de t'expliquer.
- Mais non, ne te force pas si tu ne veux pas en discuter.
Murtagh baissa son regard attendri vers elle et passa une main dans ses cheveux pour la serrer contre lui. Mancinia eut le coeur qui se compressa. Qu'est - ce qui lui arrivait ? Cette sensation dans le dos, cette douleur plus précisément. Mancinia jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule de Murtagh et vit le Roi hocher doucement la tête en sa direction. Mancinia ferma les yeux : L'heure était venue. Le Dragonnier sentit la jeune femme déglutir et flancher dans ses bras. Mais personne hormis le Roi le remarquèrent puisqu'ils étaient plus scandalisés qu'autre chose par l'attitude de la Princesse qui faisait partit dorénavant de leur sujet de discutions favori. Murtagh regarda Mancinia dont le visage semblait en proie à une douleur terrible.
- Ca ne vas pas ? demanda le jeune homme précipitamment.
- Je...
Mancinia se pencha un peu plus, deux douleurs diamétralement opposées de leur contenu, de leurs significations et de leur origine traversaient la jeune femme comme des poignards. Son alliance, elle l'avait laissé à Fye le jour de son départ parce que les chances qu'elle parte de cette capitale sont très maigres. En faite, Mancinia comprenait que Galbatorix n'est pas assez de puissance pour les repousser, ça faisait cent ans qu'ils le faisaient avec ses barrières, mais aujourd'hui, il avait dépassé ses limites et Mancinia n'avait de véritables raisons de rester dans ce bas monde. Le Roi s'approcha d'elle :
- Vous n'avez pas l'air en grande forme, remarqua - t - il avec sarcasme. Murtagh, raccompagne là dans sa chambre et veille à ce qu'elle y reste.
- Très bien, Majesté, s'exécuta Murtagh.
Il soutenu Mancinia et l'aida à ce remettre convenablement droite. Galbatorix la fixait d'un oeil critique, que cela pouvait l'agaçer ! Puis, il approcha sa bouche de son oreille :
- Allons, Dame Mancinia. Je sais bien que vous possédez un dragon.
"Enfoiré...", pensa la jeune femme.
Galbatorix lui posa la main sur l'épaule. Un flot glacé parcourut le dos de Mancinia, scellant sa douleur dans le dos mais pas celle qui lui déchirait le ventre.

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En Alagaësia, il y a l'eau courante dans les grandes villes seulement. Des tuyaux de terre cuite ont étés disposés dans le sol. Il y a également des espèces de robinets servant à arrêter ou à faire couler l'eau. Malheureusement, seule l'eau froide est disponible. Si ont désire de l'eau chaude, il faut se débrouiller soit même. Mais Mancinia était dans le palais, le sol était capable de réchauffer l'eau la plus froide, Murtagh venait de la quitter mais elle n'osait pas se déshabiller dans la salle de bain de son ami. Mais elle ravala sa fierté, elle ne devait pas avoir honte, elle ne trahirait rien ni personne. Mancinia défit les lacets de son corset et enleva sa jupe. Dormir habiller lui arrivait de temps en temps mais c'était quand même une bonne nuit pour avoir mal dormi dans un lit...Le seul hic, c'est que ce n'était pas le sien, mais bon. Mancinia était toute nue mais hésita néanmoins à entrer dans le bain tiède, néanmoins elle se força un peu. Dans l'eau, la jeune femme se sentit apaisée puis un peu comme par gêne, elle posa une main sur son ventre et commença à le caresser avec son pousse, dans ce moment unique Mancinia entonna une chanson dans une langue qu'elle seule connaissait :

Ardneiv el spmet,
Uo el uaetab arelovne's.
Ruop revuorter sel serret seudrep,
Seehcac ua niatniol.
Saim erglam am,
ennob eetnolov.

Setaitraps, srueluoc son snossih.


Murtagh sourit en entendant la douce mélodie s'élever dans la pièce, mais aussi très étonner. Mancinia parlait encore une autre langue, combien en connaissait - elle ? Son sourire s'effaça pour laisser place à un air triste et accablé. Les minutes s'écoulèrent tandis que lui restait à la fenêtre, contemplant l'extérieur. Puis, le jeune homme entendit des pas précipités à l'extérieur de la pièce. Ensuite il sursauta quand ont frappa violement à la porte. Les coups étaient forts et irréguliers comme si c'était une question de vie ou de mort, la porte tremblait sous les chocs portés sans doute par une armure assez massive. Murtagh redescendit sur terre pour aller ouvrir d'un pas chancelant, Mancinia ne semblait pas entendre à en juger par la poursuite de son chant. Murtagh hésita à ouvrir mais que pourrait - il lui arriver de pire ? Il s'entreprit de tourner le verrou et la porte s'ouvrit dans un grincement sinistre. Murtagh eut un air débile en voyant l'homme qui se dessinait devant lui, dès que ce dernier fit un pas, Le jeune Dragonnier recula précipitamment pour le laisser entrer dans ses appartements. L'homme était assez grand, deux ou trois têtes de plus que le jeune homme. Son armure était assez étrange, il n'y avait que les bottes, les jambières et la cuirasse enveloppée par une cape de feutrine noire. Il portait un simple pantalon de cuir et aucun casque, étrange pour un guerrier. L'inconnu était également plus musclé que Murtagh, vraiment plus. Le bras gauche de cet inconnu n'existait plus, remplacer par une prothèse forgée en acier, sa force devait être plus grande que la plupart des guerriers. Une arme ? Murtagh ne la vit pas tout de suite. Mais cette lame bien trop grande pour être considéré comme une épée. Trop grande. Trop lourde. Et même trop grossière. Tout bien considérer, c'était un gros morceau d'acier...L'acier de cette arme pouvait sans aucun doute entré dans une armure comme si c'était du beurre. L'épée était aussi apaise que sa main et aussi grande que lui. Au niveau physique, l'homme avait des cheveux noirs de jais en bataille, un oeil unique était d'une couleur étrangement foncé même si il semblait brun. Son visage était couturé de cicatrices anciennes ou récentes. L'inconnu regarda Murtagh qui continuait de le fixer étrangement :
- ...T'aurais pas vu Mancinia ? questionna - t - il d'une voix grave. Le vieux croûton m'a dit que j'l'à trouverais ici.
- Heu..., commença Murtagh. Le Roi ? Oui, euh...Elle prend un bain...Ca me fait pensé qu'elle à pas de vêtements de rechange.
- C'm'étonnes un peu d'elle, marmonna l'homme. Mais j'm'en fous de ses envies...
Murtagh rougit rapidement, gêné :
- Mais ça va pas ?!
Mais l'inconnu, qui ne s'était d'ailleurs pas présenter, s'avança plus dans la pièce. La chanson s'était arrêtée. L'homme se dirigea vers la porte de la salle de bain, Murtagh voulu l'interpeller mais dans son élan il remarqua une marque dans son cou qui l'intrigua. Une sorte de rune qu'il n'avait encore jamais vu mais il n'arrivait même pas à le décrire. Premièrement, une ligne passait dans le centre de cette marque, de haut en bas. Ensuite, ont aurait dit que c'était deux serpents qui l'entourait...C'était difficile à dire.
- Vous..., commença Murtagh.
L'inconnu posa sa main sur la clinche de la porte, prêt à l'ouvrir mais Murtagh retenu son bras à la grande stupéfaction de l'homme :
- Ca va pas ? s'exclama - t - il. Vous pourriez au moins frapper avant d'entrer !
L'homme sourit en releva la tête vers la porte, tandis qu'il recula il poussa Murtagh en avant, ce dernier trébucha en arrière. Un déclic attira son attention, ensuite la porte s'ouvrit promptement. Le jeune Dragonnier sentit une main gracile se posa son épaule puis une poigne ferme se referma sur la garde de son épée, Zar'roc, l'épée hérité de son père et qu'il avait reprise à son jeune frère. Murtagh tomba au sol, retenu par ses deux mains et détourna le regard vers Mancinia et cet inconnu. L'inconnu avait tourné légèrement et se protégeait avec la garde de sa propre arme qui faisait sa taille, la lame rouge de Zar'roc était en train d'essayer de le transpercer pour le blesser. Murtagh déglutit en voyant Mancinia, elle portait une simple serviette qui cachait son haut jusqu'au cuisses mais dans cette position, le jeune homme pouvait voir ses courbes de font en comble.
- Mancinia...Tu es..., commença Murtagh en tournant la tête pour éviter de la regarder.
- Toujours aussi réactive, dit l'homme avec un large sourire.
- Guts, souffla Mancinia. Je suis ravie de te revoir.
Mancinia retira son arme et les deux personnes se regardèrent dans les yeux.
- On sait vu y'a à peine deux semaines...
- Bah...Un peu de nostalgie quand même ?
- Pfff...M'en tape, dit - il en tournant sa tête vers la droite.
- Hum...Tiens où est Puck ?
- 'En tape d'toute manière.
Mancinia ferma les yeux et respira un grand coup.
- Je te remercie d'être venu.
La jeune femme sentit comme une cape lui être jetée sur la tête, Murtagh n'osait pas la regarder mais essayait de la couvrir :
- Mancinia, rhabille - toi, enfin !

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"Je peux savoir se qui te met dan cette état ?"
Murtagh sursauta quand il reconnu cette voix grave mais si familière à son esprit :
"Thorn !"
"Oui, je suis censé me nommer ainsi tu te souviens ?"
"Je suis terriblement désolé...Je ne sais pas quoi te dire..."
"Bah, ce n'est rien. Tu étais occupé tout comme moi...Enfin non, moi je n'ai rien à faire...Mais bon, a quoi tu penses là ? Tu souris très bêtement !"
"Comment tu peux le savoir ?"
"Parce que je suis devants toi, imbécile."
"Allons bon..."
Murtagh conservera son air débile pendant un bon moment tandis que Mancinia regardait de haut en bas et de gauche à droite ce dragon rouge vermeil. Mancinia n'avait jamais vu un dragon aussi pourpre ! Il était impressionnant et magnifique à la fin, grand et gros également.
"Je suis Thorn", lança la voix grave du dragon dans ces oreilles.
- Tu es beau. Tu n'as pas la même beauté que mon ami dragon mais tu as ton charme propre.
- Thorn, enfin ! s'exclama Murtagh.
- Qu'est - ce qu'il dit ? questionna Mancinia. J'ai dis quelque chose qui fallait pas ?
Murtagh secoua la tête :
- C'est lui qui dit des choses pas nettes !
En réponse à cela, le dragon grogna et un filet de fumée sortit de ses narines :
- Il dit..., commença Murtagh avec gêne. Il dit...
Mancinia cligna des yeux :
- Il dit... ? l'encouragea la jeune femme.
Mais ce fût Thorn qui prit l'initiative, normalement, les dragons ne peuvent communiquer avec d'autres personnes qu'après plusieurs mois mais il semblait essayer de faire des efforts pour agaçer son Dragonnier.
"J'ai dis : "Elle tu es très belle pour une fille et que s'est un heureux hasard qu'il soit tomber sur toi si il songe à ce marier". C'est tout."
- Thorn ! dit Murtagh, rouge.
"Tu me hérisses les écailles !"
- Mais arrête !
"Allons bon !"
Mancinia explosa de rire dans son coin. Voir une scène de ménage entre deux personnes si fortement lié la faisait rire. Murtagh grogna et Thorn semblait la suivre même si son rire ressemblait à des cailloux broyer. Mancinia essaya de se reprendre petit à petit :
- Ahem...Non, ne t'inquiètes pas...Je ne te le prendrais pas.
"Hum...Tiens !"
- Quoi ? demandèrent les deux jeunes gens.
"Non rien, j'ai cru sentir une...
Murtagh tendis son bras et rattrapa Mancinia qui chavira, puis en écartant légèrement la main, le Dragonnier vit que la jeune femme saignait comme la nuit dernière.
- Encore ? dit - il.
Mais Mancinia se redressa en le repoussant.
- Ce n'est rien !
- Mais... !
"Murtagh, laisses - là..."
"Mais...Thorn, elle saigne ! Il faut la soigner... !"
"Je pense que c'est inutile...Tu vois du sang couler sur elle maintenant ?"
Le jeune homme regarda Mancinia dont l'armure avait retrouvé sa normalité.
"Cette fille est vraiment trop bizarre...", pensa la jeune homme.
Puis, il sentit une présence derrière lui. Deux doigts se saisirent de son oreille pour la tirer fortement vers le haut :
- Aïe !
Murtagh constata qu'il s'agissait de Guts, visiblement en train de les chercher, avait - il tout entendu ?! Le guerrier regarda froidement Mancinia avant de parler :
- T'es pas à l'entraînement ? J'vais pas me farcir ces incapables.
Guts jeta un coup d'oeil à Murtagh :
- J'veux bien m'occuper de lui.
- Il n'est pas à prendre, ordre du Roi.
- 'Chier la rasmotte...
Mancinia sourit tandis que Guts lâchait Murtagh tout en tournant les talons. Mancinia lui tapa sa main sur l'épaule en faisant un clin d'oeil à Thorn avant de suivre son vieil ami.
- Alors tu viens ? demanda - t - elle au jeune homme.
Murtagh hocha la tête : il n'avait pas trop le choix. Thorn se replia en boule pour piquer un petit somme dans son enclot humide. Mancinia rattrapa Guts pour discuter avec lui et Murtagh préféra les suivre avec un peu de retrait même si des bribes de leur conversation lui tapaient les oreilles. Les trois jeunes gens firent les tours des murailles ouest pour se rendre dans l'arène d'entraînement des trois cents hommes, jeunes et incapables, qui gardait la citadelle et ses alentours, le gros de l'armée ayant fait marche vers le Surda pour combattre les Rebelles.
- Je vois ce que tu veux dire, dit Mancinia à Guts.
- Incapable..., marmonna le guerrier noir.
- Ca me rappelle Léonidas, pas toi ?
- A quelle bataille ?
- Ben...Avec les Thermopyles...
- M'ouais.
Les trois cents hommes étaient tous alignés en trois rangés mal formés et avec leur lance mal tenue...Murtagh pensa à l'arme de Guts et se dit que c'était pitoyable quand même pour des soldats formés de ne pas savoir manier une lance ! Ce n'était pourtant pas si difficile de la tenir droite quand même.
- Bon ben..., commença Mancinia, puis en haussant la voix. Soldats ! Le Roi m'a chargé de vous formé et c'est ce que je vais faire...Moi c'est Mancinia, et mon pote là, c'est Guts. Pas de questions ? Bon...
Mais Murtagh entendit des chuchotements : "Quoi, une femme ?", "Nous sommes tombés bien bas", "Punaise, c'est quoi ce monstre à côté d'elle ?", "Vachement mignonne". Mancinia détourna la tête :
- Ca l'énerve, dit - elle à Murtagh en parlant de Guts.
Tous les murmures cessèrent quand Guts fit un pas pour les calmer. Tous arrivèrent à se tenir droit près ça.
- C'est pas parce que je suis une femme que je ne sais pas me battre, Guts, avec moi.
- 'Tain...Tu m'fais chier.
- Ouais, cinquante combats et toujours match nul !
Mancinia fit rapidement circuler les soldats du Roi avant de prendre place au centre du terrain. Levant lentement son arme tandis que Guts posa sa main derrière son cou, sur la garde de son gros tas de ferraille. Le vent soufflait en soulevant des fines particules de terre. C'était si calme. Puis, Mancinia bondit dans les airs tel un faucon sous les yeux ébahis des soldats qui formèrent des ronds avec leurs bouches : "Oooh !".
"N'importe quoi...", pensa Murtagh aux sujets des recrues.
Guts dégaina son arme pour retenir l'attaque de Mancinia la poussant à reculer, le guerrier et la guerrière ne retenait pas leurs coups ! L'épée d'un soldat normal aurait pût céder sous les chocs que lui portèrent la lame de Guts, mais celle de Mancinia semblait résister. Dans un enchaînement de coups d'épées, d'étincelles, de jeu de pieds et de bras, au bout d'une demi - heure en fait. Mancinia posa un genou à terre, les soldats murmurèrent de nouveau mais Murtagh vit le regard et le visage du guerrier noir : il était surpris et un peu hésitant, de la pitié ? Non. Ce dernier allait poser son épée sur son cou pour mettre sa défaite au bout. Mais la jeune femme fit à peu prêt comme ce matin. Guts s'approcha d'elle pour abattre son épée mais Mancinia fit une bond sur le côté, attrapa son épée. Guts tourna en déplaçant son arme massive prête à la couper en deux, la jeune femme sauta et fit une pirouette. Guts resta déconcerté, Mancinia posa une main sur son épaule pour retomber sur ses deux jambes en arrière, mais quand Guts tourna la tête, il vit la l'arme se placer à côté de lui, devant ses yeux qui se reflétait sur la lame. Si cela avait été un vrai combat, elle l'aurait tué. Mancinia retomba sur ses pieds, à genoux et regarda son ami en souriant :
- J'ai gagné pour la première fois.
Le vent souffla. Guts se retourna et rengaina son épée. Des exclamations fusèrent pour la général qui se releva difficilement. Les deux amis se défiant du regard avec une expression arrogante. Mancinia s'approcha de Guts :
- La prochaine fois, tu le bâteras.
Exclamations, Murtagh resta impressionner, lui - même ne savait pas ce battre comme ça. Guts sourit d'un air peu habituer à Mancinia avant de prendre une nouvelle tête stupéfaite. Il tendit la main et rattrapa le bras de Mancinia qui partait en arrière. La jeune femme s'était évanouie debout. Guts leva la tête. Il venait d'en trouver un autre.

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Deux épées s'entrechoquèrent violemment. La lame de Murtagh heurta de nouveau celle de Tornac, qui partit d'un grand éclat de rire. Son élève avait progressé à une vitesse hallucinante, comme aucun des autres qu'il avait eut l'occasion d'avoir. Et contrairement aux idées de Galbatorix, Murtagh était devenu un prodige en escrime. Et il était devenu aussi...Remarquablement beau. Il venait d'avoir tout juste dix - huit ans, un âge idéal pour le mariage. Après une longue bataille amicale, Tornac lui intimida l'ordre de cesser le combat.
- Tu es vraiment incroyable, Murtagh ! Jamais personne n'a put progresser aussi vite que toi ! Je ne sais pas comment tu t'y prends mais...
Le jeune homme sourit :
- Je ne le sais pas vraiment non plus.
Avec un nouveau sourire, il haussa les épaules avant de rengainer son épée et de se pencher pour prendre sa longue cape dont il ne se séparait plus depuis le début du long hiver. Le jeune homme leva la tête pour regarder les nuages noirs chargé de pluie. Un vent glacé ne tarda pas à le faire frissonner sous l'oeil amusé de Tornac, qui était complètement insensible au froid. Quoique leur entraînement l'ait réchauffé, le jeune homme commença à trembler.
- Tu deviens un glaçon ?
Murtagh ne lui répondit pas un grognement agacé mais néanmoins amusé. Puis il se dirigea vers Tornac, le cheval cette fois.
- Des fois, commença son maître avec un faux air énervé. J'ai l'impression que tu l'aimes plus que moi.
Murtagh éclata de rire :
- C'est vrai qu'il a un avantage par rapport à vous... !
- Ah oui ? dit Tornac en levant un sourcil. Lequel ?
- Il ne me demandes pas sans arrête de me trouver une fille...
- Ben quoi ? C'est vrai ! Elles sont toutes à tes pieds, tu n'as qu'à claquer des doigts.
Murtagh soupira longuement.
- J'ai autre chose en tête...Et puis, toutes ces filles sont beaucoup trop superficielles...Elles ne pensent qu'à être la plus belle et prendre pour homme un bon partit non pas par amour mais par profit...Alors que franchement elle sont...Comment dire ? ...Euh...Enfin...
- Trop moches ?
- C'est un peu pousser mais ce sont mes pensés.
Tornac soupira longuement à son tour :
- Tu vas finir comme moi...Vieux, moche et sans enfants. Seul quoi !
- Être père ? ...Moi ? ...Impossible.
Tornac le regarda avec un air étrange, comme si il avait été foudroyé. Il s'approcha de Murtagh et lui abattit son poing sur sa tête :
- Je croyais t'avoir appris que tu étais un homme bien ! Pas un abrutit profond !!
- Mais...
Tornac et lui ne rajoutèrent rien à leur discussion puis rentrèrent au palais avant qu'un orage n'éclate. Murtagh voulu rentrer dans ses appartements mais il devait passer devant la salle du trône avant, cette fois - ci, le Roi apostropha le jeune homme.
- Que puis - je faire pour vous, Sire ?
Le Roi eut un petit rire :
- Rien. Mais ce soir, tu es mon incité. Tu dîneras avec moi, soit prêt.
Murtagh s'inclina, cela ne lui plaisait pas du tout mais ce n'était pas si il avait vraiment le choix. Tout en ruminant dans ses pensées, il regagna sa chambre, un goût amer dans la bouche. Soupirant, il détacha de son côté son épée qu'il jeta sans ménagement sur son lit. Puis, il s'y assit lui - même, pensif. L'instant d'après, il se changea puisque ces vêtements n'étaient pas convenable pour le souper. Il ferma brièvement les yeux, le crâne remplit de pensées incohérentes. Quand il les rouvrit, ce ne fût que de longues et interminables minutes plus tard. Murtagh jeta un bref coup d'oeil autour de lui et sursauta quand quelqu'un frappa à sa porte. Tornac.
- C'est l'heure.
- Déjà ?
Il avait dû fermer les yeux plus longtemps qu'il ne le croyait. Chancelant, il se leva et sortit à la suite de son ami et maître. Tornac conduisit Murtagh auprès du Roi, puis il le quitta, non sans un mauvais pressentiment. Cela ne lui plaisait pas plus qu'au jeune homme, mais il devait s'en accoutumer. Il décida de sortir prendre l'air et attendre. Ce ne fût que de longues heures plus tard que Tornac vit une silhouette émerger de l'ombre, Murtagh.
- Alors, que voulait - il ?
Il ne lui répondit rien. Mais il avait l'air ravi ainsi qu'un grand sourire sur le visage. Finalement, il se décida à tout lui raconter. Murtagh débuta son récit en expliquant comment le Roi s'était tût tout au long du repas, avec un regard effrayant, comment Galbatorix avait prit la parole à la fin. Comment il lui décrit sa vision de l'Empire : les villes, la fin des Urgals, l'immensité du futur territoire, la paix, la sécurité et...Le rétablissement des Dragonniers. Pendant des heures, Murtagh l'avait écouté en brûlant de connaître la suite. Pour terminer, il lui dit que le Roi lui avait demandé de la servir pendant qu'il travaillait à l'avènement de ce paradis. Le visage de Tornac prit une expression sombre :
- Tu as accepté ?
- Je...Oui. Bien sûr que j'ai accepter !
Tornac marmonna un juron, puis, visiblement énervé, tourna les talons et laissa son disciple seul. Complètement ébahit par la réaction de son amie. Il était vraisemblablement choqué, ne comprenant pas sa réaction. Il renversa la tête en arrière et jura en s'apercevant que le mur était un peu plus près que prévu. Il se releva en se frottant douloureusement le crâne. Baillant, il rejoignit sa chambre et à peine couché sur son lit, le jeune homme s'endormit avec un léger sourire.

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Le médecin sortit alors de la pièce. Il était trapu et légèrement courbé, les cheveux grisonnants et des lunettes reposait sur son nez gras alors que ses yeux étaient légèrement entrouverts.
- Dame Mancinia à quelques problèmes de digestion, ne vous en inquiéter pas. Cependant...
- Oui ?
L'homme entrouvrit son oeil :
- Hum...Non, inutile que je vous en parle. Elle sait.
Il passa à côté de Murtagh avec un pas lent sans ajouter un mot. Le jeune homme se rendait compte. Aussi, il tapa son poing contre le mur de pierre. Sa colère s'apaisa cependant bien vite et il frappa à la porte de Mancinia avant d'entrer. La jeune femme était assise sur le bord de son lit et semblait ne pas avoir apprécier la visite du médecin.
- Mancinia, tu es malade ? questionna Murtagh en sachant déjà la réponse.
- Non, dit - elle.
Murtagh la jugea d'un oeil critique quand le silence s'ensuivit, puis il soupira :
- C'est bien ce qui me semblait...
- Quoi donc ?
Murtagh lui jeta un regard déçu tout en étant furieux :
- Pourquoi m'as - tu cachée que tu étais enceinte ?
Héritage des Anciens
# Posté le vendredi 10 octobre 2008 15:10
Modifié le dimanche 28 décembre 2008 12:45