- Ne me regarde pas comme ça..., dit - elle en baisant la tête.
Murtagh avait tourné la tête pour la regarder de ses yeux gris afin voir son humeur actuelle. Mais la jeune femme ne voulait pas lui parler, non pas parce qu'elle ne l'aimait pas mais parce qu'elle était cruellement mal, la pleine lune était proche. Murtagh soupira en se mettant à sa hauteur :
- Tu es Dragonnière toi aussi ?
Mancinia lui jeta un regard :
- Non, Nidhögg est un dragon sauvage qui m'aide en cas de problème.
Ce fût à son tour de soupirer :
- Inutile de me dire que le Roi Galbatorix va m'arracher les yeux quand il va l'apprendre, pas vrai ? Nidhögg vient dès que j'ai réellement besoin de lui, il ne réagit pas à certaines situations. Je suppose que tu ne me crois pas ?
Mancinia enleva son gantelet et montra sa paume droite à Murtagh, aucune marque ne trahissait son appartenance aux Dragonniers, puis elle répéta son geste avec son autre main, mais rien non plus de ce côté là.
- A - t - il un maître au moins ? questionna Murtagh. Tu me dis qu'il est sauvage mais je me demande à quel point.
- Ah ça, répondit Mancinia. Je le sais et je l'ignore en même temps et puis ce n'est pas à toi que je le dirai.
Un ombre passa sur le visage de son interlocuteur :
- Je sais que je ne suis pas digne de confiance.
Mancinia écarquilla les yeux :
- Mais non ! C'est juste que si je te le dit...Je vais me faire tirer les oreilles par un vieil ami en route pour Urû'baen lui aussi.
Murtagh la regarda d'un oeil triste, Mancinia se renfrogna :
- Quoi ? fit - elle. Si tu veux que je forme en premier les trois cents hommes de la capitale je suis obliger de faire appel à lui, qui plus est, quand tu le verras, tu en restera coi. Guts* est tellement impressionnant !
- Un ami d'enfance ? demanda Murtagh dans un murmure.
- Je le connais depuis mes neuf ans. Il est mon frère d'armes autant que l'ai Fye, même si aucun lien de sang ne nous unis.
- Moi aussi j'avais un frère.
Sa réponse était presque un murmure. Une bourrasque de vent se leva à se moment là. Mancinia lui laissa le temps de se remémorer le passé sans le brusquer.
- D'accord, dit - elle. Qu'elle était son nom ?
- Eragon.
Mancinia fit mine de rester foudroyer une seconde :
- C'est une plaisanterie ?! demanda - t - elle.
- Non, c'est fait exprès.
Mancinia ne put s'empêcher de sourire. Appeler son fils Eragon était un sérieux pied de nez aux règles imposées par Galbatorix. Mancinia constata que le vent ce faisait de plus en plus insistant, la faisant frissonner tout en la mettant en garde sur les dangers à venir. Mais des bruits de pas la tirèrent de sa rêverie.
- Général Murtagh ! fit un soldat. Une tempête semble venir du nord.
- Ce n'est pas une tempête mais un avertissement, répondit Mancinia. Rien ne nous touchera cette nuit.
Murtagh lui jeta un coup d'oeil :
- Je ne veus pas prendre de risque, nous serons à Urû'baen dès demain mais pour l'instant reposons - nous. Installer le camp, sergent.
Le soldat lui fit un salut militaire et s'en alla à grande enjamber.
- Vous avez de très grandes responsabilités pour de si jeunes épaules, dit Murtagh. Je sais que vous êtes une formidable guerrière et une vous ne le pouvez pas dévoiler tout votre potentiel étant une femme de la noblesse.
Mancinia ricana :
- C'est ce que tu crois ? Et arrête de me tutoyer !
Le ciel était devenu pourpre quand Murtagh était enfin venu à sa rencontre après avoir superviser l'installation du campement et posté des sentinelles. Mancinia l'avait vu dépassé les tentes et les brasiers des cuisiniers pour la trouver devant un feu modeste. La jeune femme était assise dans l'herbe verte, le bas de sa cape lui servant de couverture pour se réchauffer aussi l'avait - elle inviter à discuter avec elle.
- Moi ce que j'en dis c'est que tu es une femme.
- Ah ça oui, je suis une femme ! Mais rien ne m'empêche non plus de coller un coup de pied bien sentit sur le cul d'un noble irrespectueux. Et puis, les femmes ont autant droit que les hommes de faire la guerre pour défendre sa mère patrie...Ô T.T que je ne regrette point la terre lointaine de mes ancêtres.
Murtagh éclata de rire en mettant sa main devant sa bouche :
- Tu es vraiment une noble, toi ?
Mancinia lui fit un clin d'oeil :
- Pas le moins du monde, Murtagh. Le titre de "Princesse" ne me vient que grâce à mon talent de guerrière, les Celtibères sont composés de membres des deux sexes. Quoique je n'aime pas le nom Celtibères...
- Pourquoi ? questionna le jeune homme. Celtia est le pays des guerriers Celtibères, ça sonne juste, non ?
- En effet, mais le mot Spartiates conviendrait mieux à mon peuple.
- "Spartiates" ? Il est violent ce nom, il me donne des sueurs froides...
La jeune femme éclata de rire à son tour.
- Je jamais douter de la puissance d'une armée autant que la persuasion et la pression de ces dirigeants.
- Seth, Fye et toi ?
- Exact. Mais je ne suis pas toute seule à gérer les territoires, Guts est avec moi ainsi que bons nombres de mes amis, tu seras étonné de la force d'Ecerg un jour...
Murtagh resta surpris par sa réponse quelque peu surprenante.
- Qu'est ce que tu veux dire ? demanda - t - il.
- Allez, dit Mancinia en se redressant. Je vais me coucher moi. Demain, je dois être en forme !
La jeune femme s'étendit en levant un bras vers le ciel puis se dirigea vers sa tente d'un pas faussement chancelant car Murtagh devinait bien qu'elle n'était guère fatiguée mais plutôt qu'il avait posé une question gênante. Quoi qu'il en soit il l'interpella :
- Mancinia !
- Hum... ? demanda la jeune femme en tourna la tête avec un oeil clos.
- Merci..., souffla Murtagh.
La jeune femme sourit en reprenant son chemin :
- Je ne voix pas de quoi tu parles...
Murtagh resta seul en fixant les flammes qui se refléta sur son visage sombre. Si ont y regardait bien, seul Mancinia lui avait adresser la parole de la soirée. Parce qu'il était un Parjure et qu'un homme de son espèce ne pouvait qu'être haït par les siens et encore plus par ses ennemis. Eragon le haïssait et peut - être même Mancinia le détesterais dans peux de temps...
Murtagh écarta la branche qui lui cachait la vue et fixa Urû'baen. Ils pénétrèrent dans la capitale assez rapidement alors que le soleil n'était même pas encore levé, pourtant, la cité était déjà animée de bazars en tout genre. Certains hommes se lançaient dans des plaisanteries alors que l'odeur du charbon de bois incandescent se répandit près du palais. Habituée à la lumière du palais ou elle avait passée ses six derniers mois, Urû'baen semblait glacial aux yeux de Mancinia. La guerre contre le peuple rebelle des Surdans et Vardens se sentait...Le palais était un grand édifice de pierres noirs, formant un ensemble lugubre. Il était entouré de douve et le seul moyen d'y accéder était de traverser le pont - levis fait de bois massifs en plusieurs étages. Il y avait de nombreux gardes, avant, sur et après. Vêtu de noir et de rouge sans vraiment une posture adéquate pour des soldats, Mancinia attendrai Guts pour les reprendre en main. Alors que les soldats qui les accompagnaient rentraient dans les casernes répartit dans la capitale, Murtagh rentra avec Mancinia dans le palais. Les couleurs étaient glacées comme si ils cachaient des peurs et des douleurs sans noms, pareils à ce qu'elle avait vécu faisant resurgir ses terribles souvenirs. Mancinia frissonna et se rapprocha involontairement de Murtagh qui jeta un coup d'oeil en arrière, surpris. La jeune femme n'aimait pas se château, quelque chose la perturbait grandement d'ailleurs. Ne sachant pas trop quoi. Deux portes de bois massifs marquaient l'entrée de la salle du trône, Mancinia ressentait une présence vaguement familière mais balaya ses illusions : l'homme à l'intérieur était Roi, Dragonnier et âgé d'une bonne centaine d'année. Mais la description s'en rapprochait pour l'autre aussi. Mais le regard de Mancinia fut attirer par les deux gardes vêtus de leur armures, leurs lances pointer vers le ciel et d'un regard aussi sérieux que le pape. Celui de gauche avait la peau matte, d'étranges cheveux tresser de nattes brunes ainsi que des yeux bruns foncés, une forte carrure léguer par sa tache de guerrier. Celui de droite était plus mince et moins aussi baraquer mais gardait une assez belle musculature, des cheveux noirs de jais qui dépassait de son casque et des yeux bruns également reflétant son sérieux de militaire mais l'humour débile qu'il pouvait avoir. Tous deux avaient la trentaine. Ces deux là, Mancinia les connaissaient. Murtagh avança dans un couloir menant directement au trône, il ne vit pas Mancinia s'arrêter et se retourner, les deux hommes la regardèrent d'un air amusé :
- Excellent ! souffla Mancinia avec un large sourire.
La jeune femme rattrapa néanmoins son compagnon rapidement. Les deux hommes se regardèrent avant de reprendre leur position normale :
- Elle ne changera jamais celle - là !
Mancinia venait de voir ses doutes confirmés, dû moins en partie, il ne restait plus qu'une chose à vérifier. Mais elle était certaine que ce qui l'attendait derrière cette porte n'était pas ce à quoi elle pensait. Murtagh se retourna vers elle :
- Avant d'entrer, déclara t - il. Je tiens à te remercier, la plupart des soldats refusent de me côtoyer. Je sais que je suis un Parjure mais notre discutions d'hier m'a plus.
- Tu n'es pas obliger d'être Parjure, sauf si tu tiens à protéger ton frère.
Murtagh la regarda et lui sourit pour la première fois avec sincérité. Mancinia lui posa la main sur l'épaule et ils poussèrent les deux dernières portes. Mancinia observa quelques instants les parois décorées de tapisseries et d'immenses portraits brodés. Les visages représentés paraissaient graves, solennels et totalement inconnus. De grands vitraux laissaient passer une lumière diffuse, éclairant les grandes marches des deux escaliers, l'un à gauche et l'un à droite menant vers le haut, dans les appartements privés du Roi. Au milieu des deux ce dessinait le trône et son infâme maître. La salle était faite également pour des réceptions vu l'immensité de sa taille. Mais Mancinia resta coi devant le Roi, il avait cent ans ?! Impossible ! Ce n'était pas lui quand même ! Ah, les requins qu'ils étaient ! Galbatorix n'était pas le vieux croûton qu'elle s'était imaginer : des cheveux bruns soyeux et soigneusement peigner, des yeux verts émeraudes très froids et l'apparence d'un homme de vingt ans, comme si il avait le même âge qu'elle et Murtagh. Vingt - trois ans et non seize comme le pensait les gens d'Ecerg, mais qu'importe l'âge, seul la vengeance comptait dans le temps. Le Roi Galbatorix se leva de son trône de marbre noir représentant un dragon aux yeux semblable aux siens, s'avançant vers eux d'un pas régulier tandis que sa carpe voltigeait derrière lui. Il regardait Murtagh avec du mépris dans le regard et un rictus mauvais s'emparant de son visage puis attrapa violemment le col du jeune homme pour lui faire tourner la tête, l'obligeant à le fixer de les yeux. Le Roi lança ensuite un regard à Mancinia et lâcha brutalement Murtagh tout en reportant son attention sur Mancinia avec une pointe de sadisme :
- Serai - tu enfin apte à m'écouter si je la torture elle ?
Mancinia ne cilla pas, ne préférant pas attirer des ennuis pour son ami.
"Ne dis rien, il ne me fera..."
- Ne lui faite rien ! dit Murtagh. Elle à accepter de me suivre pour former les nôtres.
Galbatorix se retourna sur lui, d'un geste il propulsa Murtagh contre le mur. La tête du jeune homme percuta violemment la pierre et du sang coula sur son visage, ses yeux se voilèrent et il tomba presque inconscient sur le sol rependant une flaque du liquide écarlate, au loin, un rugissement rauque retentit. Mancinia regardait le Roi avec colère mais n'osa pas fixer Murtagh, les yeux émeraudes se posèrent sur elle.
- Tu ne tiens pas à ton ami ? questionna - t - il.
- Il à tenu parole, n'est - ce pas ? répliqua Mancinia. Je formerais vos cent milles hommes en trois mois, toujours mieux que mon armée.
Le Roi ricana :
- Tu ne veux pas de compensation ?
Mancinia secoua négativement la tête, préférant ce réserver ce droit à plus tard. Un éclat amusé brilla dans les yeux de Galbatorix aussi la congédia - t - elle sans autre forme de politesse :
- Formez mon armée, Général. Et je laisserai peut - être votre pays entier après la guerre !
"T'abuses Hermès !" pensa Mancinia dans une grimace.
- Très bien, Majesté, dit Mancinia en s'inclinant.
- J'organise une magnifique réception pour votre arrivée, ce soir, dit - il en lui tournant le dos. J'espère que vous me ferez l'effort d'êtres présents !
Ce n'était pas une proposition mais un ordre, Mancinia l'ignora et tourna les talons pour allez près de Murtagh d'un pas accélérer car le jeune homme était à moitié agonisant. La jeune femme lui saisit les deux bras et le releva, le pauvre allait se révéler avec un mal de tête horrible. Mancinia passa ensuite un bras du jeune homme sur son cou pour le soulever et le diriger même si s'était plus pour le traîner qu'autre chose.
"Mince ! pensa Mancinia. Je dois allez où, moi ?"
Murtagh ouvrit un oeil puis l'autre essayant de se faire aux lumières des couloirs. Il jeta un coup d'oeil à Mancinia qui lui lança un sourire :
- Pardon, dit la jeune femme. Si j'avais réagis, il t'aurait fais plus de mal et ça aurais été encore pire.
- J'ai l'habitude, ne t'inquiètes pas.
Ils se fixèrent quelques instants, chacun avec ses peines et ses malheurs se reflétant dans leurs yeux propres. Mancinia détourna la première le regard :
- Euh...Par où je dois aller ?
- Laisse - moi marcher je te l'indiquerai.
- Tu es mal en point, laisses - moi au moins te guider !
Murtagh lui lança un regard qui signifiait clairement qu'il camperait sur ses positions.
- Très bien, soupira la jeune femme.
Elle relâcha la pression qu'elle avait sur son bras et Murtagh essaya tant bien que mal à bien marcher pour la conduire à sa chambre, celle que Galbatorix réservait à ses meilleurs invités. Murtagh ouvrit lui même la porte, ce qui fit penser à Mancinia qu'il en faisait sans doute un peu trop. Le soleil du printemps semblait napper la chambre d'une coulée d'or et répandait déjà une chaleur propre. Son appartement était spacieux et frais. Il y avait des décorations d'argent, d'ambre turquoise et bleu, ainsi que du jade. Un luxe modeste pour une princesse, un luxe tout court pour Mancinia. C'était simple et reposant, pour elle, pas besoin de froufrous. Le lit ce trouvait au milieu de la pièce en plus d'un bureau de bois et une chaise. Murtagh resta là en posant sa main sur son front pour enlever le sang qui coulait encore. Mancinia lui attrapa le bras :
- Allez, je vais te soigner !
Murtagh secoua la tête :
- C'est vraiment inutile !
- Allez !
Mais Murtagh dégagea son bras violemment la faisant reculer de plusieurs pas tant cela l'avait déstabilisée :
- Fou moi la paix ! dit Murtagh.
Ce dernier tourna les talons et partit en claquant méchamment la porte. Mancinia resta planté là :
"J'ai bien vu des larmes ? ..."
Mancinia fixait les nuages noirs et menaçants qui grondaient au lointain, le vent frais lui fouetta le visage. Un orage se préparait, la guerre aussi. Tout semblait incertain et la peur lui nouait le ventre, une peur qu'elle n'avait jamais connue. Mancinia posa la main sur sa dague pour s'assurer qu'elle était bien là, prête à la défendre. Derrière elle, les servantes vaquaient à leurs tâches quotidiennes dans la joie et la bonne humeur. Mais l'habituelle humeur joyeuse que Mancinia abordait l'avait quelque peu quittée aujourd'hui, son bref sommeil avait été relativement troublé par des rêves sinistres et elle s'était levée avec peine alors qu'elle aurait pût continuer à dormir. La jeune femme s'était préparer pour la réception mais elle ne pût s'empêcher de soupirer avant d'entonner une douce mélodie. L'orage était presque sur eux.
Sur l'air.
Hissons nos couleurs.
Hisse et ho !
L'âme des Spartiates,
Jamais ne mourra.
Murtagh trouva bien plus tard le fait qu'il s'était montré dur avec la jeune femme, aussi il essaya vainement de trouvé les mots pour s'excuser. Devant sa porte, il resta quelques minutes sans oser frapper. Mais bon, peut - être que les excuses viendrait d'elle - mêmes aussi frappa - t - il timidement contre la porte. Cette dernière s'ouvrit rapidement :
- Wah ! Mancinia, tu... !
Murtagh reçu ça comme un choc, il était bouché bée, reluquant la jeune femme de haut en bas, se demandant si c'était la même femme qu'il observait. Mancinia était troquer son armure et s'était vêtue d'une magnifique robe noire à pavament, bordée d'argent créant des motifs compliqués. Son corset noir foncé était serré et mettait en valeur la belle poitrine rebondie de la jeune femme. Sa fine taille était accentuée par les couleurs et la façon de se tenir de Mancinia. Ses épaules comme ses bras était découverts. Il fallu un temps pour que Murtagh remette les pieds sur terre, il murmura :
- Je...
- Ah, tu es venu me cherchez ? demanda - t - elle.
- Euh...Je suis venu m'excusez pour tout à l'heure !
Il s'était incliné et Mancinia pencha sa tête sur le côté avant de mettre la main sur son épaule, Murtagh se redressa et la fixa dans les yeux. Mancinia rit :
- Inutile, les sautes d'humeurs arrivent à tout le monde ! Moi la première...Ah, tu me fais penser que...
"Bien que ce soit une sorte de princesse, pensa Murtagh. Mancinia est dépourvue de l'attitude hautaine commune chez les gens de la noblesse. Elle est si gentille et agréable que même moi je la trouve sympathique..."
- ...Tu es avec moi ?
Murtagh fut ramené dans sa chambre :
- Mais oui, mais oui...
Une pluie lourde et pénétrante dégringolait sur les toits et la cour du palais. Une pluie qui pénétrait brutalement et qui éclaboussait le sol, les bassins et les fontaines dans un tintement musical. Son souffle humide et frais caressait le visage de Mancinia quand elle traversa le couleur en compagnie de Murtagh vêtu de rouge pourpre.
- Tu me présenteras ton dragon ?
- Si tu veux, répondit Murtagh. Thorn est friand des jeunes filles...
- Ha ha ! Très drôle. Au fait...Ta blessure va mieux ?
Murtagh posa instinctivement sa main sur la blessure qu'il avait guérit en quelques secondes.
- Le Roi n'est pas tendre, mais il s'est visiblement retenu devant toi. J'ai une dette envers toi...
Il hésita avant de poursuivre :
- J'ai été obliger de le suivre. Mon frère peut me battre mais Eragon n'est pas encore prêt pour combattre le Roi...Je me fiche de mourir si lui survit. Même si je dois être enchaîner dans une cellule pour le restant de ma vie. Je sers le Roi même si il peut me tuer au moindre geste.
- Moi aussi je suis enchaîné à une cellule sombre et humide, souffla la jeune femme. Tu ne dois pas t'inquiéter pour ton frère. Tu verras, tout ce passera bien.
- Nous devrions aller au bal, déclara Murtagh préférant éviter de poursuivre.
Le jeune homme avait jugé qu'il en avait trop dit à cette femme qu'il ne connaissait que depuis trois jours, mais elle était tellement compréhensible. Devant les grandes portes de bois massifs, Mancinia resta presque collé à Murtagh qui sourit, le soldat ouvrit la porte et un grand brouhaha retentit aux oreilles des jeunes gens. Les hommes étaient dans un coin et discutaient politique, affaires et stratagème de guerre contre les Vardens. Les femmes rigolaient entre elles. Mancinia autant que Murtagh les trouvaient ridicules avec leur maquillage voyant et leur grosse robe. La jeune femme se retint de soupirer d'exaspération et resta près de Murtagh, ils se mirent bien à l'écart. Puis le brouhaha cessa un instant, Murtagh et Mancinia en comprirent la raison tout de suite...Ce fut un choc pour la jeune femme dont les yeux se tintèrent de noirceur.
- Hermès doit s'attendre à recevoir une attaque par ce côté ci du pays. Nous pouvons avoir les armées royales par surprise et je ne veux pas rater ce coup. J'espère m'être bien fait comprendre, ajouta - t - il d'une voix glaciale.
Les généraux déglutirent et acquiescèrent. Ils avaient tout les deux goutté une seule fois a la colère de leur maître, et souhaitaient ne jamais renouveler l'expérience...Ils sortirent promptement et le chef resta seul. Rien ne pouvait l'empêcher de prendre possession de l'Alagaësia a présent. Il avait une armée surentraînée, des pouvoirs magiques qui dépassent l'imagination de ce crétin de chef provisoire qu'est Fye, alors que pouvait - il craindre ? Rien. Cependant, il sentait quelqu'un, comme une ombre qui vient assombrir ce beau tableau. Qui était - ce ? Où était cette personne ? Il n'en savait rien, mais il devait prendre garde. Qui devait - il vraiment craindre ? Mancinia ou Arianna ? Puis il pensa que sa question était stupide aussi l'oublia - t - il.
Plus d'indications dès maintenant x) J'ai beaucoup révéler avec ses annotations.